Les 600 travailleurs de Papiers White Birch à Québec ont été mis à pied vendredi pour une durée indéterminée. Des centaines de travailleurs et de retraités se sont rassemblés devant l'usine Stadacona en après-midi pour manifester leur colère.
Les travailleurs ont effectué leur dernier quart de travail, à quelques semaines de Noël. Un peu plus tôt, l'un d'eux a dit rentrer au travail pour une dernière journée avec la rage au coeur. Un autre travailleur a affirmé qu'il souhaitait que l'usine reparte, mais sous la direction d'un autre propriétaire. « Il n'a aucun respect des travailleurs. Il n'y a pas seulement que nous autres là-dedans, il y a aussi ceux qui nous fournissent. Ça ne concerne pas seulement 600 personnes », a-t-il dit.
Si certains travailleurs se retrouvent sur l'assurance-emploi à la veille de Noël, des retraités pourraient quant à eux perdre jusqu'à 70 % de leur revenu, souligne le président du regroupement des employés retraités, Gilles Bédard. « C'est une situation qu'on peut qualifier de tragique pour plusieurs personnes. On a des retraités qui sont à la retraite depuis 20 ans, 25 ans et qui aujourd'hui pourraient se retrouver sous le seuil de la pauvreté. »
Fermeture à 16 h
Les machines de l'usine ont cessé de fonctionner à 16 h. La direction prétexte un contexte financier difficile pour expliquer la fermeture temporaire de l'usine Papiers White Birch, mais le syndicat parle plutôt d'un lock-out déguisé.
Papiers White Birch est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis deux ans, ce qui retire aux employés le droit de grève et celui de lock-out à l'employeur. Un acheteur potentiel, Black Diamond, offre 150 millions pour acquérir la papetière, mais demande la fin du régime de retraite des employés.
Seule une décision de la Cour supérieure aurait pu empêcher une fermeture de l'usine. Or, dans un jugement rendu vendredi après-midi, le Robert Mongeon a rejeté la demande des employés de reconnaître que leur mise à pied était un lock-out déguisé.
Le juge Mongeon statue qu'il s'agit bien d'une mise à pied temporaire et que comme l'entreprise s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, le droit de grève est suspendu.
Questionné au sujet de la fermeture, le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, dit pour sa part continuer de croire en la survie de la papetière.
« Il y a toujours l'espoir pour moi parce que je le répète encore, nous avons offert l'appui du gouvernement s'ils ont des projets pour améliorer la productivité et le positionnement de l'usine. On est en train de regarder avec l'entreprise à ce niveau-là », fait-il savoir.
L'entreprise Papiers White Birch exploite aussi des usines à Gatineau et à Rivière-du-Loup.