Les « indignés » de Québec invités à partir d'eux-mêmes

Les indignés se disent prêts à faire face aux conséquences, explique Alexandra Duval.

La Ville de Québec souhaite que les manifestants du mouvement Occupons Québec démantèlent eux-mêmes leurs tentes dressées à la place de l'Université-du-Québec. Ceux-ci n'entendent cependant pas se plier à cet ultimatum.

En soirée, le porte-parole de la Ville, Jacques Perron, a indiqué que l'administration municipale ne s'opposait pas à l'organisation de manifestations, mais que la place n'était pas un lieu de campement.

Sans donner d'échéancier précis, M. Perron a laissé entendre que les autorités pourraient démanteler les tentes si les manifestants refusaient d'obtempérer. « Nous verrons de quelle façon on ajustera notre plan de match en fonction du déroulement au cours des prochaines heures », a déclaré le porte-parole.

Des inspecteurs du Service de protection contre l'incendie ont remis des avis d'expulsion aux « indignés », jeudi après-midi.

Toutefois, lors d'un vote tenu en assemblée, les « indignés » ont choisi majoritairement de demeurer sur place. Ils ont aussi commencé à modifier et à déplacer leurs installations pour rendre le site plus sécuritaire.

Une occupante, Pascale-Marie Milan, précise que les manifestants se conforment ainsi aux directives de sécurité émises par la Ville. « On compte rester ici le plus longtemps possible et être en accord avec les directives qui sont données par la Ville et notamment avec l'avis qu'on a reçu de démantèlement des installations dangereuses. »

Les manifestants rappellent par ailleurs que leur mouvement est pacifique. Ils ont néanmoins fait appel aux services d'un avocat. « On ne veut faire de procès à personne, par contre, on s'est dotés d'un avocat au cas où il nous arriverait quelque chose à nous-mêmes en tant que personnes et surtout, pour vérifier à moment donné les directives que prennent la Ville en général pour voir si on peut intervenir d'un point de vue juridique à ce niveau là », explique Mme Milan.

La police pourrait intervenir

Les occupants ont déplacé leurs tentes. Les occupants ont déplacé leurs tentes.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a fait savoir jeudi matin que les manifestants avaient quelques heures pour retirer de leur plein gré leurs installations fixes, à défaut de quoi les policiers devront intervenir pour démanteler le campement.

La Ville de Québec invoque des raisons de sécurité pour justifier sa décision d'expulser les occupants. Le Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec a inspecté, mercredi, le campement des manifestants à la suite d'un début d'incendie survenu mardi.

« À partir du moment où on a le rapport [de l'inspection], il faut qu'on bouge et on va bouger de la façon la plus correcte possible. J'ai envie de leur dire ceci : votre message a été très bien entendu, finissons bien ça », a dit le maire jeudi matin.

Rappelons que les manifestants occupent la place de l'Université-du-Québec depuis le 22 octobre dans la foulée du mouvement Occupons Wall Street qui vise à dénoncer les excès du capitalisme et la crise financière.