Des membres de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ont manifesté mardi devant la colline Parlementaire, à Québec, après y avoir installé un camp minier la veille.
L'initiative des membres de la coalition survient au moment où se tiennent les consultations publiques dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 14, qui vise à modifier la Loi sur les mines.
En vertu du projet de loi 14, les zones urbaines et de villégiature seraient exclues du développement minier, à moins que l'ensemble de la communauté demande la levée de l'exclusion.
La coalition veut faire réfléchir la population sur l'exploitation des richesses naturelles au Québec.
Des tentes ont été installées devant l'Assemblée nationale pour accueillir les citoyens. L'initiative se poursuit jusqu'à jeudi et différentes activités sont prévues.
Par exemple, une quinzaine de familles touchées par des travaux d'exploration minière ou gazière raconteront, mercredi, ce qu'elles ont vécu lorsque des compagnies ont débarqué sur leur terrain, les menaçant parfois d'expropriation. Jeudi, ce sera au tour de représentants des Premières Nations de s'exprimer sur le sujet.
Le porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, explique que le but de l'initiative n'est pas de dénoncer l'exploitation minière, mais de mieux l'encadrer.
Il affirme que le Québec pourrait tirer davantage de profits de ses richesses naturelles grâce à des redevances plus élevées.
Des groupes de la Côte-Nord et de l'Abitibi-Témiscamingue sont venus à Québec pour dénoncer le projet de loi 14, qui, selon eux, ne protège pas les ressources naturelles et le territoire québécois.
Ils réclament un encadrement beaucoup plus strict et des redevances plus élevées de l'industrie minière. Ils ont l'appui de la représentante de Québec solidaire, Françoise David.
Désaccord sur la réforme
De son côté, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) plaide pour que l'on accorde moins de pouvoirs aux villes et municipalité concernant l'exploration et l'exploitation minière.
Le porte-parole de la FCCQ, Denis Hamel, croit que la réforme de la Loi sur les mines enverra un mauvais message aux représentants de l'industrie minière.
L'Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ) manifeste également son inquiétude par rapport au projet de loi 14.
Ghislain Poirier, président de l'AEMQ, a soutenu mardi en commission parlementaire que le gouvernement est sur le point de commettre « une grave erreur » et pourrait bien « mettre à mort la filière minérale » du Québec avec son nouveau projet de loi 14.
L'AEMQ s'en prend particulièrement aux dispositions qui permettraient d'annuler des titres miniers. Des municipalités pourraient notamment bloquer des projets miniers sur leur territoire.
M. Poirier a indiqué que le projet de loi « crée de l'incertitude » et « vient menacer la stabilité de titres miniers » des entreprises. Il a ajouté qu'il contreviendrait même ainsi à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
Selon lui, le gouvernement se déresponsabilise au profit des entités locales qui n'ont pas l'expertise nécessaire.
L'AEMQ propose la mise sur pied d'une commission de valorisation des ressources minérales pour arbitrer les litiges.