Ottawa sommé de ne pas fermer le centre de recherche et de sauvetage de Québec

Les explications de Guylaine Bussière

L'opposition à Ottawa s'organise pour tenter d'empêcher la fermeture des centres de recherche et de sauvetage de Québec et de Saint-Jean, à Terre-Neuve.

Le centre de coordination des opérations de recherche et sauvetage de la Garde côtière de Québec, qui reçoit des appels de détresse pour tout le fleuve Saint-Laurent, doit fermer au printemps 2012.

Dorénavant, les appels seront traités en Nouvelle-Écosse et en Ontario. Une dizaine d'emplois seront supprimés dans la région de Québec.

Le centre de coordination des opérations de recherche et sauvetage de la Garde côtière de Québec reçoit entre 1000 et 1500 appels de détresse chaque été.

Le gouvernement conservateur maintient que de nouveaux outils de communication plus efficaces existent et qu'ils permettent de prendre en charge les opérations de sauvetage depuis Halifax ou Trenton, en Ontario.

La whip du Parti libéral du Canada, Judy Foote, qui représente une circonscription de Terre-Neuve-et-Labrador, a dénoncé ces fermetures, mardi, dans un point de presse à Ottawa.

Donald Drapeau, vice-président régional du syndicat de l'Union canadienne des employés des transports (UCET), craint que la décision d'Ottawa prolonge le temps de réponse, en raison, notamment, des inconvénients liés à la langue.

« La personne qui va répondre, elle va être parfaitement bilingue? On va être capable de comprendre? [...] Une personne en panique, c'est difficile pour elle d'exprimer comme il le faut à quelle place elle est. » — Donald Drapeau, vice-président régional du syndicat de l'UCET

M. Drapeau s'inquiète aussi pour ceux qui perdront leur emploi. Il trouve dommage qu'Ottawa licencie des travailleurs qui ont une très bonne connaissance de la voie maritime du Saint-Laurent. « La plupart de ceux qui travaillent là, c'est des anciens navigateurs. Alors, la région du Québec, ils la connaissent », plaide-t-il.

Le syndicat de l'Union canadienne des employés des transports travaille en partenariat avec plusieurs organismes et municipalités riveraines pour demander à Ottawa de revenir sur sa décision.

Blaney défend la décision d'Ottawa

De son côté, le ministre conservateur Steven Blaney a défendu la décision du gouvernement de Stephen Harper.

« Ça se fait dans un contexte d'optimisation des fonds des contribuables. Je suis confiant que la Garde côtière va continuer de fournir des services de qualité. » — Steven Blaney, ministre conservateur

Le député libéral Stéphane Dion y voit plutôt des économies de bouts de chandelle. « D'abord, le gouvernement ne va pas sauver d'argent ou très, très peu. Les frais d'opération sont autour d'un million de dollars », dit M. Dion.

Annick Papillon, députée néo-démocrate Annick Papillon, députée néo-démocrate

Le NPD en rajoute

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a aussi dénoncé un peu plus tard mardi la décision du gouvernement conservateur de fermer en 2012 le centre de coordination des opérations de recherche et sauvetage de la Garde côtière de Québec.

Annick Papillon, députée néo-démocrate de la circonscription de Québec, affirme que cette décision vient mettre en péril la vie des gens, car les appels de détresse seront désormais traités en Nouvelle-Écosse.

« Je pense qu'ils ne réalisent pas l'ampleur de cette décision-là. Il faut comprendre que c'est une décision qui nous repousse 35 ans en arrière, alors que les gens de Québec réclamaient ce centre maritime de sauvetage pour pouvoir interagir le plus rapidement. » — Annick Papillon, députée néo-démocrate de la circonscription de Québec