Équipés de maillots fournis par la Ville, les pompiers ont été évalués en piscine.
Près de 30 % des pompiers affectés à l'unité spéciale de sauvetage nautique de la Ville de Québec ont besoin d'un entraînement rigoureux en natation et en sauvetage. Voilà ce qu'a découvert la direction du Service de protection contre les incendies de la Ville de Québec dans les dernières semaines.
Richard Poitras, chef du Service de protection contre les incendies de la Ville de Québec, raconte que lors d'un entraînement de routine tenu il y a quelques semaines, un pompier de la brigade nautique a failli se noyer, car il ne savait pas nager.
À la suite de cet incident, la direction générale du Service de protection contre les incendies a embauché un consultant pour évaluer les habilités de la soixantaine de pompiers qui font partie de la brigade. Ces pompiers sont chargés d'intervenir en cas d'accident sur tous les cours d'eau du territoire.
Selon l'évaluation, la moitié des pompiers de l'unité de sauvetage nautique de la Ville ne seraient pas à l'aise dans l'eau.
Selon Chantale Giguère, directrice générale adjointe à la Ville de Québec, les pompiers ont tout fait pour empêcher l'évaluation de leurs habiletés. « Ç'a été un difficile combat de pouvoir faire en sorte de les amener à une piscine », affirme-t-elle.
Mme Giguère dit qu'un mot d'ordre avait été lancé pour que les pompiers se présentent à la piscine sans maillots de bain sous prétexte que l'employeur devait leur fournir des vêtements de travail. « Alors, comme on l'a su, on est allé acheter des maillots dans un magasin avec des sandales et des lunettes », dit Mme Giguère.
Réaction du syndicat
Le chef du Syndicat des pompiers, Éric Gosselin, n'a pas tardé à réagir.
« C'est totalement faux. Le consultant externe est arrivé à Québec, est allé dans les casernes, a rencontré nos gens. Il n'y a aucune obstruction qui a été faite. Encore une fois, c'est une stratégie de l'employeur pour nos discréditer », a-t-il dit.
Selon l'Association des pompiers, c'est la Ville qui a imposé cette tâche aux pompiers sans vérifier leurs qualifications. « Cette spécialité-là a été apportée dans certaines casernes où on avait des gens qui avaient de 15 à 20 ans d'expérience comme pompiers. On a dit à ces gens-là du jour au lendemain vous devenez sauveteur nautique. Donc, on s'est retrouvé avec des gens qui n'étaient pas très agiles au niveau du sauvetage nautique », explique Éric Gosselin.
La Ville de Québec a depuis ce temps émis une directive qui empêche certains pompiers d'intervenir en situation de sauvetage nautique.