Lucien Bouchard, porte-parole de l'Association pétrolière et gazière
L'industrie du gaz de schiste et les opposants réagissent aux propos tenus jeudi soir par l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui a fait une première intervention publique à titre de nouveau porte-parole de l'Association pétrolière et gazière du Québec.
En entrevue au réseau RDI, Lucien Bouchard a admis que l'industrie avait connu un démarrage difficile dans la province, mais il s'oppose à un moratoire. Lucien Bouchard a affirmé que l'industrie devra se plier à l'intérêt supérieur des Québécois, que ce soit en termes de retombées économiques ou de protection de la santé et de l'environnement.
La Société d'énergie Talisman de même que Junex partagent cette vision. Les compagnies s'attendent à ce que le rapport du Bureau des audiences publiques sur l'environnement, qui sera déposé lundi, suggère une réglementation plus sévère.
Elles savent aussi qu'il faudra éventuellement payer plus de redevances, mentionne Dave Pépin, vice-président de Junex. « Les redevances québécoises doivent être au même niveau que ce que tout le monde paie ailleurs dans les bassins en compétition. Donc, ça va de soi à notre avis », dit-il.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, juge le discours de M. Bouchard proche de celui tenu par le gouvernement depuis des mois. Le premier ministre affirme une fois de plus que l'exploitation sera faite au profit du Québec. « On va travailler avec l'industrie, on va s'entendre avec eux de manière à ce qu'on fasse les choses dans l'ordre. Et d'ailleurs, l'industrie n'a jamais, jamais pensé qu'au Québec, il allait y avoir des aubaines de redevances », affirme Jean Charest.
L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) est déçue des propos tenus par Lucien Bouchard. Selon le président de l'AQLPA, André Bélisle, Lucien Bouchard devrait être conséquent avec ses observations et appuyer un moratoire. « Que M. Bouchard ait reconnu, comme on le dit depuis le début, que tout ça a été lancé tout croche de façon précipitée, ça, c'était un pas dans la bonne direction. Par contre, on a beau arriver à cette conclusion-là, c'est ce qu'on va faire qui importe après », dit-il.
La porte-parole de la coalition Mobilisation gaz de schiste de Saint-Marc-sur-Richelieu, Johanne Béliveau, affirme pour sa part que l'arrivée de Lucien Bouchard ne changera rien sur le fond. « On n'est plus à cette ère-là où on peut signer les chèques en blanc les yeux fermés sans connaître les conséquences environnementales. On est à l'ère des changements climatiques et il faut être conscients de ces changements-là, les comptabiliser avant de commencer les projets », mentionne Mme Béliveau.
Mobilisation gaz de schiste s'oppose au forage gazier dans la région agricole de Saint-Marc-sur-Richelieu, en Montérégie.
Le colmatage de la fuite se poursuit à Leclercville
Par ailleurs, les travaux entrepris par Talisman en vue de colmater la fuite à Leclercville dans Lotbinière se poursuivent. Stéphane Perreault, porte-parole de Talisman, indique que les réparations ont été amorcées. « Il y a différents endroits où on doit intervenir. Effectivement, dans certains cas, on parle de profondeur de 1300 pieds par exemple, c'est une opération qui prend un certain temps », dit-il.
Le colmatage de la fuite pourrait prendre encore plusieurs semaines.