Le transport des déchets nucléaires alimente le débat

Carte du parcours des navires sur le St-laurent

La décision de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) d'autoriser le transport de déchets radioactifs sur le fleuve Saint-Laurent continue de soulever les inquiétudes et les réactions, tant à Québec qu'à Ottawa.

Rappelons que l'entreprise ontarienne Bruce Power a reçu vendredi dernier l'autorisation de transporter 16 générateurs de vapeur usagés du sud-ouest de l'Ontario jusqu'en Suède. Quelque 1600 tonnes de fer radioactif emprunteront la Voie maritime du Saint-Laurent, en passant par des centaines de communautés.

Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu copie, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, exprimait ses plus vives inquiétudes à son homologue fédéral en septembre dernier. Lors de la rentrée parlementaire mardi, il a affirmé suivre le dossier de très près.

« Vous savez que le transport des déchets nucléaires est de compétence fédérale, mais nous allons quand même travailler de concert avec eux pour voir si on ne peut pas trouver une autre solution au problème qui nous préoccupe. En effet, c'est un problème qui est extrêmement préoccupant. » — Pierre Arcand, ministre de l'Environnement du Québec
La centrale nucléaire de Bruce Power La centrale nucléaire de Bruce Power, sur la rive du lac Huron   © PC/J.P. Moczulski

De son côté, la Communauté métropolitaine de Québec demande à la CCSN de revenir sur sa décision.

Elle fait valoir que la cargaison surpasse de loin les limites internationales admises pour le transport de matériel radioactif à bord d'un seul navire.

Elle craint que ce précédent incite d'autres entreprises à vouloir utiliser la même route pour l'acheminement d'équipements radioactifs. Elle souhaite que l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent fasse pression pour que cette décision soit reconsidérée.

Le Bloc québécois revient à la charge aux Communes

À Ottawa, le Bloc Québécois continue de demander au gouvernement Harper de renverser la décision de la Commission de sûreté nucléaire. La députée bloquiste, Paule Brunelle, a formulé une question à ce sujet mardi après-midi au ministre des Ressources naturelles, Christian Paradis.

« Est-ce que le gouvernement va écouter la population et renverser la décision de la Commission de sûreté nucléaire? Qu'est-ce que le gouvernement va faire pour que la voix des citoyens soit entendue à Ottawa? » — Paule Brunelle, députée du Bloc québécois

Christian Paradis rappelle quant à lui que ces déchets ne sont pas plus radioactifs que les isotopes médicaux qui circulent à travers le pays tous les jours. « Qu'on arrête de faire peur aux gens, c'est irresponsable », répond le ministre.

Le maire Labeaume s'inquiète

Pour sa part, le maire de la Ville de Québec, Régis Labeaume, se dit lui aussi préoccupé de voir ce bateau passer devant sa municipalité.

Le maire Labeaume aurait préféré que les déchets soient d'abord transportés jusqu'à Halifax avant de prendre la mer. Selon lui, cette décision crée un précédent très dangereux.

« Si eux le font, quiconque pourrait le faire éventuellement et utiliser le même moyen de transport pour faire des économies. Comment peut-on leur dire non après? Je trouve qu'on ne peut pas jouer avec ça, le nucléaire », a-t-il déclaré.