Témoignage d'un premier expert

Les avocats ont discuté mardi de l'utilisation de PowerPoint. Les avocats ont discuté mardi de l'utilisation de PowerPoint.

Un hydrogéologue témoigne à titre d'expert au deuxième jour du procès en recours collectif des citoyens de Shannon contre le gouvernement fédéral. Le témoignage a été amorcé plus tard que prévu en raison d'une requête concernant l'utilisation du logiciel de présentation PowerPoint.

Robert Chapuis, engagé par les citoyens de Shannon, doit présenter au cours des prochains jours ses conclusions concernant le début de la contamination au trichloréthylène (TCE). Selon l'expert en hydrogéologie, enseignant à l'école Polytechnique de Montréal depuis 25 ans, le TCE a atteint les puits de Shannon et ceux de la base militaire de Valcartier dès les années 50.

L'expert dispose de trois jours pour exposer ses propos devant les avocats.

Débats autour d'un logiciel

Plus tôt mardi, le procureur général du Canada et la Société immobilière Valcartier ont déposé une requête qui a entraîné des délais dans les procédures. Les avocats du gouvernement se sont opposés à l'utilisation du logiciel PowerPoint par les avocats du recours collectif. Ces derniers ont choisi ce support technique pour présenter des graphiques et des tableaux faisant partie de la preuve.

Or, les avocats de la défense ont tenté de faire valoir devant le juge que son utilisation constituait une preuve supplémentaire irrecevable et alourdissait la preuve déjà imposante, composée de milliers de documents.

Après avoir pris la demande en délibéré, le juge a finalement admis l'utilisation de PowerPoint.

Une stratégie de la défense?

Les avocats du recours collectif se sont pour leur part montrés surpris de cette requête du gouvernement fédéral. Ils craignent que le gouvernement multiplie ce type de requêtes afin d'entraîner des délais dans le procès.

Daniel Green, président de la Société pour vaincre la pollution Daniel Green, président de la Société pour vaincre la pollution

L'environnementaliste Daniel Green, qui appuie les citoyens de Shannon depuis 2003, se demande aussi si la partie adverse n'a pas l'intention d'empêcher systématiquement le bon déroulement du procès. « Moi, je pense qu'ils vont étirer le débat. Plus on étire le débat, moins de journalistes vont être présents pour ne pas que ça s'ébruite. Essentiellement, c'est une guerre d'usure que les défendeurs sont en train de faire », estime M. Green, président de la Société pour vaincre la pollution.

Le procureur qui représente le gouvernement fédéral, Me David Lucas, rejette cette allégation. Il soutient que le gouvernement n'a aucun intérêt à étirer les procédures. « Il va y avoir quand même un certain délai. Combien? On va souhaiter que ce ne sera pas trop long, mais comme je vous dis, la cause du procureur général est bonne. Ce n'est pas dans notre intérêt à retarder infiniment la cause, on veut que ce soit plaidé », dit-il.

Le procès, qui s'est ouvert lundi, se poursuit mercredi.