Deux détenus en attente d'un procès sont morts et six autres ont été blessés, mercredi soir, dans une émeute à l'Établissement de détention de Québec, l'ancienne prison d'Orsainville, dans l'arrondissement de Charlesbourg.
Un soulèvement de prisonniers suivi d'un incendie entraîne la mort de deux détenus et l'hospitalisation de six autres. Des enquêtes menées par l'administration de l'établissement et la police provinciale sont en cours.
Le soulèvement a éclaté vers 21 h 30, dans l'aile F de la prison, à la suite d'une violente altercation entre détenus, selon ce qu'a expliqué à RDI le porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Richard Gagné. Les émeutiers ont ensuite mis le feu à des matelas, couvertures et vêtements dans leur cellule.
L'administration carcérale a fait appel à la SQ et à la police municipale de Québec pour lui venir en aide.
La SQ a confirmé l'identité des deux détenus qui sont morts. Il s'agit de Denis Ampleman, 45 ans, et de Yaouvi Éric Adamson, 20 ans.
Les deux victimes ont été retrouvées une fois la situation sous contrôle. Des autopsies seront pratiquées sur les corps afin d'établir si les deux hommes sont morts lors des incidents ou s'ils avaient été tués avant.
Six autres détenus ont subi des blessures et ont dû être hospitalisés, dont un est toujours en chambre hyperbare. En tout, 14 prévenus étaient incarcérés dans l'aile touchée par l'émeute.
L'aile F de l'Établissement de détention de Québec est un endroit où des détenus sont en attente d'un procès pour différents délits criminels. Les détenus qui s'y trouvent ont entre 20 et 50 ans.
Johanne Beausoleil, de la direction générale des services correctionnels au ministère de la Sécurité publique du Québec, a indiqué que les dommages matériels, causés par la fumée et l'eau, étaient considérés comme mineurs.
Elle a affirmé qu'il n'y avait pas de surpopulation dans l'Établissement de détention de Québec, où se trouvent 631 prisonniers. Elle indique également qu'il n'est pas possible pour le moment de lier l'émeute à d'autres incidents qui se sont produits récemment dans la prison.
Pas une première
De son côté, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Stéphane Lemaire, rappelle que des incidents du genre surviennent souvent à Québec et particulièrement dans la même aile de l'établissement, considérée comme une prison dans la prison, mais rarement a-t-on vu de telles conséquences.
Les circonstances de l'émeute, la cause des décès de même que l'incendie font l'objet de trois enquêtes : une de la SQ, une de l'administration du centre de détention et une du coroner. Des autopsies seront notamment effectuées pour déterminer les causes des décès. Les détenus impliqués dans l'altercation seront transférés au Centre de détention de Rivière-des Prairies, à Montréal.
Blâme envers le travail des agents correctionnels
Le père de Yaouvi Éric Adamson, Hervé Adamson, refuse de croire que son fils de 20 ans aurait refusé de sortir de l'aile F au moment où l'incendie s'est déclaré.
Il a été prévenu en pleine nuit que son fils avait eu un accident et était blessé et a constaté, à l'hôpital, que son fils était mort.
Il est convaincu que des agents correctionnels auraient pu intervenir et qu'ils ne l'ont pas fait. Il doute de la version officielle.
Les ambulanciers se défendent
Les ambulanciers se défendent d'avoir mis du temps à intervenir lors de l'émeute. Ils ont été appeler près d'une heure après la police et une fois sur les lieux, il leur a fallu attendre encore 45 minutes avant d'intervenir. Il leur fallait attendre que la zone soit sécurisée.
Le directeur des opérations de la Coopérative des techniciens ambulanciers de Québec, Marc Munger, reconnaît que de tels délais peuvent avoir une issue fatale. « Quelqu'un en arrêt cardiaque, quand on prend du temps comme ça à intervenir, les chances de le sauver s'amoindrissent de minute en minute. Pour les gens qui étaient déjà en arrêt cardiaque au moment où on arrive, on a très peu de chances de pouvoir les réanimer », explique-t-il.