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L'appareil de la compagnie Aéropro qui s'est écrasé mercredi, tuant ses 5 passagers et 2 membres d'équipage, a été impliqué dans un incident en mars 2001 dans le Grand Nord québécois, a appris Radio-Canada.
À l'époque, Aéropro a été condamnée par le Tribunal de l'aviation pour avoir fait voler cet appareil sans être muni d'un équipement de radionavigation suffisant.
Cet incident n'était pas le premier impliquant la compagnie.
Toujours en 2001, un Piper Navajo 350 d'Aéropro s'était écrasé près de l'aéroport de Val-d'Or. Le pilote avait été grièvement blessé.
Dans son rapport, le Bureau de la sécurité dans les transports (BST) reproche notamment à Aéropro de ne pas s'être assuré que le pilote possédait l'expérience nécessaire pour effectuer en toute sécurité un vol aux instruments de nuit.
Le troisième incident s'est produit le 1er avril 2007, lorsqu'un autre avion d'Aéropro s'est écrasé sur un lac gelé de la Côte-Nord, tuant son pilote. Selon le BST, le registre du temps de vol et des heures de repos du pilote n'avait pas été mis à jour depuis un mois.
En dehors des drames de mercredi et de 2007, les incidents dans lesquels Aéropro a été impliqué ne sont pas exceptionnels, selon le spécialiste de l'aviation civile, Yvan-Miville Des Chênes.
« Si on prend une autre compagnie qu'Aéropro et qu'on fait la recherche au tribunal de l'aviation ou au BST, on va trouver plusieurs scénarios semblables », a-t-il expliqué à Radio-Canada.
En 2002, Aéropro a par ailleurs été condamnée par le Tribunal de l'aviation civile à trois amendes, dont deux pour avoir surchargé un appareil. Une infraction souvent sans gravité, du moins tant que la mécanique tient le coup, croit Yvan-Miville Des Chênes.
« Si un moteur flanche au décollage et qu'on doit se fier à l'autre qui est capable de faire le travail lorsque l'avion est à bonne charge, là avec un surplus au moment du décollage qui est un moment critique, on n'aura pas les performances de montée auxquelles on peut s'attendre. »
Aéropro n'a pas voulu répondre aux questions que Radio-Canada lui a posées jeudi, affirmant vouloir se concentrer sur l'enquête concernant l'écrasement de mercredi.
Avec des reportages de Jean-Hugues Roy et Gaëlle Lussiaà-Berdou
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