Un juge à la retraite accusé

Le juge à la retraite Jacques Delisle Le juge à la retraite Jacques Delisle (archives)

Un juge à la retraite, Jacques Delisle, fait face à une accusation de meurtre prémédité, celui de son épouse, Nicole Rainville.

Jacques Delisle, un ancien juge de la Cour d'appel fait face à une accusation de meurtre prémédité, celui de son épouse, survenu en novembre 2009.

Le retraité de la Cour d'appel du Québec, âgé de 75 ans, a comparu mardi après-midi au palais de justice de Québec. Il a été arrêté mardi matin sur le chemin Saint-Louis.

Une pré-enquête a été nécessaire dans ce dossier avant de porter des accusations, explique Me Martine Bérubé, porte-parole du directeur des poursuites criminelles et pénales.

« La pré-enquête est une procédure qui est prévue au Code criminel et qui est utilisée à l'occasion et qui permet d'examiner et d'entendre les témoins, et à l'issue de laquelle les accusations peuvent être déposées contre la personne », précise Me Bérubé.

Nicole Rainville, âgée de 71 ans, est morte le 12 novembre dernier à Québec. Le drame s'est produit à la résidence du couple. La police avait reçu un appel ce jour-là disant qu'une femme s'était suicidée.

Jacques Delisle est aussi accusé de possession illégale d'une arme à feu.

L'ancien juge reviendra devant la cour le 21 juin pour la divulgation de la preuve. Il demeurera incarcéré d'ici là.

Onde de choc

L'accusation dont fait l'objet M. Delisle secoue le milieu judiciaire, dit l'avocat criminaliste Rénald Beaudry. « Écoutez, ce monsieur-là a 75 ans. Il a eu une vie exemplaire, il a eu une carrière exemplaire. Qu'est-ce qui a pu se passer pour qu'à 75 ans, il se ramasse dans une salle d'audience avec des menottes aux poings? Ça choque tout le monde », affirme-t-il.

M. Beaudry ajoute qu'on a redoublé de prudence avant d'en arriver à accuser l'ancien juge du crime le plus grave au Code criminel.

« Évidemment, c'est un juge de la Cour d'appel. Alors, il a dû y avoir des expertises qui ont été faites par le laboratoire scientifique, ce qui explique probablement une partie des délais, et une pré-enquête bien sûr pour demander à un juge de la Cour du Québec à savoir s'il y avait assez de matière pour faire subir un procès à ce monsieur-là. »

De son côté, l'avocat criminaliste Serge Goulet estime que c'est un juge de l'extérieur qui devra présider le procès de M. Delisle.