Prison
Radio-Canada a appris qu'une soixantaine de personnes ont été incarcérées de façon injustifiée l'an dernier dans les centres de détention du Québec. En tout, 63 personnes sont demeurées plus longtemps que prévu derrière les barreaux.
Radio-Canada a appris que l'an dernier, 63 détenus ont passé plus de temps que prévu derrière les barreaux.
Un homme a notamment passé deux mois de trop derrière les barreaux de la prison de Saint-Jérôme en raison d'une erreur. Selon les 63 rapports de détention illégale obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information, des erreurs de calcul, mais aussi des problèmes dans le transfert de documents et même parfois, des erreurs sur la personne ont conduit à des détentions prolongées.
Selon le ministère de la Sécurité publique, la plupart des problèmes sont cependant réglés en moins de 24 heures.
Néanmoins, souligne Suzanne Gravel du Groupe de défense des droits des détenus du Québec, « une journée, c'est trop ».
Suzanne Gravel soutient que les personnes incarcérées peuvent avoir de la difficulté à obtenir justice. « À partir du moment où elle est détenue, bien souvent malgré elle, elle est considérée comme menteuse jusqu'à preuve du contraire », affirme-t-elle.
Le ministère de la Sécurité publique a imposé des sanctions contre des employés qui ont commis des erreurs. Il offre par ailleurs davantage de formation pour les aider à calculer les peines.
Johanne Beausoleil, de la direction générale des services correctionnels au ministère de la Sécurité publique du Québec, espère que de telles situations ne se reproduiront pas. « C'est clair qu'il ne faut plus qu'il y en ait. C'est désolant, on ne veut vraiment pas que nos personnes se retrouvent là incarcérées pour rien », dit-elle.
La gestion des sentences préoccupe le protecteur du citoyen qui mène une enquête à ce sujet.
D'après un reportage de Yannick Bergeron