Insoutenable attente

De nombreuses personnes manquent toujours à l'appel à la suite du violent séisme qui a touché Haïti mardi. À Québec, des familles à la recherche d'un proche tentent de conserver de l'espoir d'obtenir des nouvelles rassurantes, bien que le temps presse en Haïti pour retrouver des survivants dans les décombres.

Plusieurs personnes de la région de Québec étaient sur place au moment du séisme. L'homme d'affaires de Québec d'origine vietnamienne Trân Triêu Quân manque notamment à l'appel. Cet ingénieur en bâtiment était arrivé dimanche à Port-au-Prince.

Trân Triêu Quân (archives) Trân Triêu Quân manque à l'appel

Au moment du séisme, il se trouvait à l'hôtel Montana qui s'est effondré. Son adjoint, qu'il l'accompagnait, a subi des fractures aux jambes. Il a été transporté par la Croix-Rouge à Miami pour recevoir des soins.

Trân Triêu Quân est très connu dans la région de Québec notamment en raison de son emprisonnement au Vietnam en 1994, qui avait été très médiatisé. Il avait d'abord été condamné à la prison à vie. Le gouvernement fédéral avait obtenu sa libération en 1997.

La famille d'Alexandra Duguay, une jeune femme qui travaille pour l'ONU à Port-au-Prince, vit aussi des moments d'angoisse. Ses proches craignent qu'elle soit restée prisonnière à l'intérieur de l'édifice de l'ONU qui s'est effondré à Port-au-Prince. La jeune femme a été aperçue pour la dernière fois au rez-de-chaussée de cet édifice.

Inquiétude dans la communauté

L'attente interminable se poursuit aussi pour plusieurs Haïtiens qui habitent Québec. Le président de l'Association haïtienne de Québec, Adrien Chavannes, indique qu'il n'a pas encore pu entrer en communication avec sa famille à Haïti. « Jusqu'à présent, je ne connais qu'une seule personne de la communauté haïtienne de Québec qui a pu avoir cette chance de parler aux membres de sa famille », rapporte M. Chavannes.

Parmi tous ceux qui attendent des nouvelles se trouvent aussi quelque 70 étudiants haïtiens de l'Université Laval qui tentent par tous les moyens de communiquer avec leur famille.

Charles Leconte, président de l'Association des étudiants antillais de l'Université Laval Charles Leconte, président de l'Association des étudiants antillais de l'Université Laval

« Hier, c'était un vent de panique. Là, ça commence à se calmer, mais il y a certains membres de la communauté qui sont encore sans nouvelles, comme c'est mon cas, de leur famille », témoigne Charles Leconte, président de l'Association des étudiants antillais de l'Université Laval.

Gestes de solidarité

Québec se mobilise à la suite du séisme qui a secoué Port-au-Prince. La Ville de Québec se dit pour sa part prête à envoyer en Haïti des employés, des policiers et des ingénieurs pour aider à la reconstruction. Déjà mercredi, la Ville confirmait une contribution de 100 000 $ à la Croix-Rouge pour venir en aide aux milliers de sinistrés pour acheminer de l'eau, de la nourriture et des médicaments.

À peine 24 heures après le tremblement de terre qui a détruit la capitale Port-au-Prince, la Croix-Rouge canadienne a amassé plus d'un million de dollars pour Haïti. La Croix-Rouge est d'ailleurs inondée d'appels. L'organisme recommande aux personnes désireuses de faire un don d'appeler au bureau local à Québec en composant le 418-648-9066.

Il est toutefois encore trop tôt pour parler de reconstruction.

Pour leur part, les représentants de la communauté haïtienne de la région de Québec lancent une campagne de solidarité pour amasser des dons afin de venir en aide à la population d'Haïti.

Tout d'abord, une messe sera célébrée vendredi soir en collaboration avec les étudiants de l'Université Laval.

Dans les prochains jours, un souper-bénéfice sera organisé pour tenter d'amasser des dons.

Les personnes qui le souhaitent pourront aussi faire parvenir un don à l'Association haïtienne de Québec.