Mobilisation dans la région

Adrien Chavannes, président de l'Association haïtienne de Québec Adrien Chavannes, président de l'Association haïtienne de Québec

La communauté haïtienne de Québec, comme partout ailleurs, vit l'angoisse après le séisme qui a touché Haïti vers 17 h mardi.

Pendant que plusieurs continuent de vivre l'angoisse après le séisme qui a touché Port-au-Prince mardi, l'aide s'organise à Québec afin de soutenir la population de Haïti durement éprouvée.

Les premières informations qui ont suivi la secousse laissaient entrevoir le pire. Mercredi, le président haïtien René Préval a dit craindre que l'effondrement de plusieurs édifices à Port-au-Prince n'ait fait des milliers de morts.

Son premier ministre craint même que le bilan n'atteigne 100 000 morts.

Le dernier rapport de la Croix-Rouge fait état de 3 millions de personnes qui auraient été touchées par le tremblement de terre de magnitude 7 qui a secoué Port-au-Prince.

Les familles dans l'attente

Les dommages et les pertes de vie sont pour l'instant difficiles à établir. C'est précisément ce qui inquiète ceux qui ont des proches en Haïti.

Alexandra Duguay n'a toujours pas donné de nouvelles Alexandra Duguay n'a toujours pas donné de nouvelles

Comme plusieurs autres, une famille de Québec est placée dans l'attente interminable d'obtenir des nouvelles de proches. La famille d'Alexandra Duguay, une jeune femme qui travaille pour l'ONU à Port-au-Prince, vit des moments d'angoisse. La famille craint que la jeune femme soit prisonnière des décombres de l'édifice de l'ONU qui s'est effondré lors du séisme. Le conjoint d'Alexandra Duguay, qui se trouve aussi à Port-au-Prince, a réussi à donner de l'information à la famille, mais il se dit sans nouvelles pour le moment de sa conjointe.

Pour sa part, Michelle D'Haïti, originaire de Port-au-Prince, a tenté toute la nuit de joindre des proches et des amis. Les images qui lui parviennent des conséquences du séisme au coeur de Port-au-Prince laissent entrevoir l'ampleur de la dévastation. « Il y a une densité très importante de population, c'est ça qui est le plus inquiétant, parce que ce sont des gens qui vivent des situations extrêmement précaires. Le palais présidentiel est tombé, et quand on voit les dégâts aux édifices autour plus importants, imaginez des gens qui vivent dans des maisons qui ne tiennent que par un fil parfois », souligne-t-elle.

L'aide s'organise

Le Canada a annoncé qu'il versera 5 millions de dollars en plus de fournir du matériel pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre. Le premier ministre Jean Charest a quant à lui indiqué mardi que le Québec mettrait à la disposition d'Haïti des ressources matérielles et humaines, pour compléter l'aide canadienne.

La Ville de Québec va quant à elle débloquer 100 000 $ de son budget pour venir en aide aux victimes du séisme. L'argent sera versé immédiatement à la Croix-Rouge. Le maire Labeaume a aussi écrit au ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon et au ministre des Relations internationales Pierre Arcand pour leur offrir des ressources humaines, si nécessaires.

Victime du tremblement de terre en Haïti Victime du tremblement de terre en Haïti

Par ailleurs, le consul honoraire d'Haïti à Québec, Jean Moisset, est aussi à l'oeuvre afin d'organiser l'aide humanitaire. Il demande pour le moment à la population désireuse d'envoyer de l'aide de suivre l'évolution de la situation notamment à travers les médias. « Il y a la Croix-Rouge canadienne, il y a le Centre d'étude et de coopération internationale, le CECI », dit-il aussi.

L'Association haïtienne de Québec est aussi en train de s'organiser, rapporte le président de l'association, Adrien Chavannes. Elle veut cependant éviter la précipitation et s'assurer de mettre sur pied une aide humanitaire bien structurée. Une rencontre à ce sujet se tient mercredi après-midi.

La communauté haïtienne de Québec compte environ 800 membres.

Des policiers sains et saufs

Par ailleurs, des nouvelles rassurantes sont parvenues d'Haïti relativement aux policiers québécois en mission dans ce pays. Six policiers de Québec s'étaient rendus en Haïti dans le cadre d'une mission des Nations unies dirigée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Quatre policiers de Québec ont donné des nouvelles mardi et sont hors de danger. Un autre policier s'est finalement rapporté un peu plus tard. Il se trouvait à Port-de-Paix, loin de l'épicentre, et ce sont des problèmes de communications avec l'île d'Hispaniola qui l'ont empêché de le faire avant.

Le chef de la police de Québec, Serge Bélisle, indique que plus d'une centaine de policiers de Québec ont déjà participé à la mission en Haïti et sont prêts à venir en aide à leurs collègues au besoin . « Il va falloir discuter avec les autorités pour voir comment on peut contribuer. Parce que pour tout ça, pour que ça tienne la route, il faut évidemment qu'il y ait une coordination efficace, mais effectivement, on a des policiers qui sont prêts », explique M. Bélisle.

En tout, plus de 80 policiers du Québec se trouvent actuellement en mission en Haïti.

Pour avoir des nouvelles...

Les Canadiens en quête d'informations sur leurs proches également citoyens canadiens à Haïti peuvent communiquer avec le centre d'opérations d'urgence du ministère des Affaires étrangères à Ottawa en composant le 1 800 387-3124.