Brigitte Haentjens
Les organisateurs du Moulin à paroles n'ont pas l'intention de retirer le manifeste du Front de libération du Québec (FLQ) de la liste des textes historiques qui seront lus les 12 et 13 septembre prochain.
Les organisateurs de l'événement commémorant la bataille des plaines d'Abraham ne renonceront pas à la lecture du manifeste du FLQ et reprochent au gouvernement de pratiquer « une forme de censure ».
L'événement, d'une durée de 24 h, se veut un parcours de l'histoire du Québec, de Jacques Cartier à aujourd'hui.
Lors d'une conférence de presse samedi à Montréal, le comité organisateur a réagi aux propos tenus la veille par le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad.
Ce dernier a accusé les organisateurs de cet événement commémorant le 250e de la bataille des plaines d'Abraham de chercher à faire l'apologie de la haine et du terrorisme prôné par le FLQ. Conséquemment, Sam Hamad a affirmé que le gouvernement Charest se dissociait de l'événement.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, et la ministre fédérale Josée Verner se sont également dissociés de l'événement plus tôt pendant la semaine.
Comme ils l'ont fait vendredi, les organisateurs du Moulin à paroles ont exigé des excuses publiques de Québec.
Mme. Haentjens, co-directrice artistique de l'événement, estime que le fait de questionner le contenu d'un spectacle libre et autonome représente une « forme de censure », et que la réaction du gouvernement pourrait être considérée comme de l'intimidation.
Elle a par ailleurs précisé qu'il est particulier que le gouvernement se soit dissocié de l'événement, puisqu'aucun ministre ou député ne s'y était encore associé.
Dans une déclaration lue à l'intention des médias, les organisateurs ont affirmé que les voix de ceux qui liront les textes du Moulin à paroles « résonneront plus fort que celles des censeurs, de leurs mesquineries, leurs malhonnêtetés et de leurs considérations bassement électoralistes ».
L'attaché de presse de Sam Hamad a fait savoir samedi que le ministre maintenait sa position et qu'il était hors de question qu'il présente ses excuses.
L'animateur Robert Gillet a finalement décidé de ne pas participer au Moulin à paroles.
Un autre désistement
Après le maire de Québec et les ministres Sam Hamad et Josée Verner, l'animateur de radio Robert Gillet a annoncé à son tour samedi qu'il ne participerait pas au Moulin à paroles.
M. Gillet, qui devait lire un texte sur l'invasion américaine, affirme ne plus vouloir être associé à un événement qui suscite de plus en plus de polémique.
Il trouve aussi que la commémoration de la bataille des plaines d'Abraham devient trop partisane.
Les organisateurs du Moulin à paroles se disent dépassés par l'ampleur que prend la controverse. Ils gardent cependant le cap sur l'événement.
La Commission des champs de bataille nationaux et les organisateurs ne se sont cependant pas encore entendus pour que l'événement se tienne sur les plaines d'Abraham. Les discussions se poursuivent à ce sujet.