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Québec Guerre des festivals

Charest ne veut pas s'en mêler

Mise à jour le mercredi 12 août 2009 à 19 h 48

Jean Charest ne veut pas intervenir dans la guerre des festivals

Jean Charest demande aux parties de trouver elles-mêmes une solution.

Le premier ministre du Québec n'a pas l'intention d'intervenir dans la chicane qui oppose le Festival d'été de Québec aux FrancoFolies de Montréal.

Mercredi, en point de presse après l'assermentation de ses deux nouveaux députés, Jean Charest a exhorté les parties en cause à s'asseoir ensemble afin de trouver une solution au lieu de demander au gouvernement de s'ingérer dans le dossier.

La ville de Québec et la ville de Montréal ne sont pas en compétition l'une avec l'autre, elles sont complémentaires. [Alors] qu'ils s'assoient ensemble d'abord, qu'ils se parlent entre eux, qu'ils fassent cet effort-là avant de demander aux autres de venir régler leur problème à leur place.

— Jean Charest

Toujours du côté politique, la ministre fédérale responsable de la région de Québec, Josée Verner, a elle aussi soulevé l'urgence de trouver une solution. Contrairement au premier ministre Charest, elle n'a pas hésité à faire savoir que, pour sa part, elle soutient le maire Régis Labeaume dans ses démarches.

« J'invite les gens à négocier ensemble. C'est certain. Il y a deux organisations en cause là-dedans. Moi, j'appuie mon maire et le Festival d'été de Québec », a-t-elle confirmé.

Spectra exige des excuses

Plus tôt dans la journée de mercredi, la tension est montée d'un cran entre les protagonistes.

Alain Simard, président de l'Équipe Spectra

Alain Simard

D'abord, l'Équipe Spectra a demandé au maire de Québec, Régis Labeaume, de se rétracter publiquement au sujet de ce qu'elle qualifie de fausses allégations concernant les FrancoFolies de Montréal.

Mardi, le maire Labeaume a affirmé que le grand patron du festival de Montréal, Alain Simard, cherchait à « se mettre de l'argent dans les poches ». Un commentaire désobligeant selon l'Équipe Spectra, qui allègue que la firme d'expert-comptable Raymond Chabot Grant Thornton possède des documents prouvant que les FrancoFolies sont un organisme à but non lucratif, au même titre que le Festival d'été de Québec.

Une requête entendue par le maire Labeaume, qui préfère toutefois s'abstenir de commentaires.

Levée de boucliers à Québec et à Montréal

La décision unilatérale des organisateurs des FrancoFolies de Montréal de déplacer l'événement à la période du 9 au 19 juin l'an prochain a aussi suscité une levée de boucliers de la part des responsables du Festival d'été de Québec, du Comité de la Fête nationale et du festival Présence autochtone.

Le directeur général du festival d'été de Québec, Daniel Gélinas

Le directeur général du festival d'été de Québec, Daniel Gélinas

Le directeur général du Festival d'été de Québec, Daniel Gélinas, a même décidé d'écourter ses vacances et a convoqué une conférence de presse mercredi matin pour exposer sa version des faits.

Ce dernier a d'abord tenu à rappeler que le Festival d'été existait bien avant les FrancoFolies et que l'organisation de Québec avait même dû s'adapter au fil du temps pour se démarquer.

Or, bien que la programmation soit colorée de jazz, de musique du monde et de vedettes anglophones, le créneau de base, a insisté le président, demeure la musique francophone, laquelle représente 64 % de la programmation.

Il est en train de tuer ce qui reste de la mission francophone du Festival d'été. En réglant son problème, il en crée d'autres.

— Daniel Gélinas

En fait, le directeur craint que les artistes francophones étrangers, qui doivent choisir le moment de leur tournée outremer, préfèrent profiter de la couverture médiatique et de la visibilité que leur offre la métropole plutôt que de participer au festival de la Vieille Capitale. Il craint également que les FrancoFolies ne fassent dévier l'attention médiatique et n'entravent l'obtention de commandites.

Le président du Comité de la Fête nationale de Montréal, Mario Beaulieu, abonde dans le même sens. Selon lui, ce changement bouleverserait le calendrier des festivals dans l'ensemble de la province.

De gauche à droite : M. Dudemaine de Présence autochtone, MM. Beaulieu et Savard du comité de la fête nationale

De gauche à droite : M. Dudemaine de Présence autochtone, MM. Beaulieu et Savard du comité de la fête nationale

En s'adressant à la presse, mercredi, M. Beaulieu a critiqué l'attitude de Spectra et rappelé qu'il s'agissait de la quatrième tentative qu'effectuait Alain Simard pour déplacer les FrancoFolies. Dans le passé, le Comité de la fête nationale a toujours été consulté, selon lui. Aujourd'hui, toutefois, la décision, a-t-il noté, a été prise en vase clos.

La situation fait également fulminer André Dudemaine, directeur général de Terres en vues, selon qui les FrancoFolies risquent de faire ombrage au festival Présence autochtone qui se déroulerait alors au même moment.

M. Dudemaine s'en est surtout pris au maire de Montréal, Gérald Tremblay, qu'il accuse de cracher sur ses engagements. Le maire avait assuré à Terres en vues qu'il ne serait pas détrôné par les FrancoFolies. Le directeur général va même jusqu'à qualifier l'administration du maire Tremblay de déloyale et dénonce cette attitude, selon lui, tout à fait contraire aux conclusions de « Montréal métropole culturelle ».

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