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PC/AP Photo/Charlie Neibergall
Un Québécois d'une soixantaine d'années est le premier cas en Amérique de grippe A (H1N1) résistant au médicament antiviral et le quatrième cas au monde.
Après l'Europe et l'Asie, un premier cas de résistance au Tamiflu, le principal antiviral utilisé pour traiter la grippe H1N1, a été recensé en Amérique. La découverte a été faite dans un laboratoire de Québec, le centre d'infectiologie du Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL).
Cette résistance au médicament a été diagnostiquée chez un Québécois d'une soixantaine d'années qui prenait du Tamiflu, en dose réduite, par mesure préventive, car son fils avait contracté le virus de la grippe H1N1. Cet homme est maintenant guéri.
Cependant, il a développé des symptômes grippaux, soit de la toux, de la fièvre et des douleurs musculaires, pendant qu'il était en traitement. Il s'était alors présenté à l'urgence où on lui a fait un prélèvement, qui a ensuite été analysé par le laboratoire du CHUL.
Selon l'infectiologue du CHUL Guy Boivin, c'est la prise de médicament à faible dose qui a sans doute contribué au développement de la résistance. M Boivin pense que l'homme devait déjà être porteur du virus. « S'il a commencé à se multiplier en présence d'une plus faible concentration de l'antiviral, il y a plus de chance que la résistance se développe », explique-t-il.
Guy Boivin indique que si d'autres cas similaires venaient à se présenter, cela pourrait avoir des répercussions importantes. Présentement, il n'existe dans le monde que deux médicaments antiviraux pour traiter la grippe H1N1: le Tamiflu, qui se prend sous forme de comprimés, et le Relenza, qui doit être inhalé. Les réserves canadiennes sont composées à 80 % de Tamiflu.
M. Boivin souligne d'ailleurs qu'après avoir discuté avec la direction de la Santé publique, on a décidé de surveiller la situation de très près. « Il va falloir avoir un programme de surveillance, non seulement des virus qui circulent, mais aussi pour tester la sensibilité aux antiviraux, pour savoir si le développement de résistance se fait et se propage », dit-il.