La vigilance est de mise

Ville de Québec

Même si aucun cas de grippe porcine n'est rapporté jusqu'à maintenant dans la région de la Capitale-Nationale, le réseau de la santé demeure sur un pied d'alerte.

Les acteurs du milieu de la santé demeurent sur un pied d'alerte dans la région de la Capitale-National en raison de la grippe porcine

Des directives très strictes ont été émises aux médecins et aux membres du personnel des centres hospitaliers de la région afin qu'ils ne prennent aucun risque avec d'éventuels porteurs du virus.

Le directeur de santé publique à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, s'attend d'ailleurs à ce que des cas de grippe porcine soient recensés dans la région de Québec.

Il souligne que les quelques cas recensés au Canada ne font partie que du début des éclosions. « Il faut rester vigilant, parce qu'on est au tout début de l'éclosion de cette grippe-là et il faut bien la documenter », dit-il.

Dans la région de Québec, tout le personnel du réseau de la santé est en mode vigilance. « Dès que quelqu'un se présente avec une forte fièvre, de la toux, une vraie grosse grippe, on va lui demander : "Tu viens d'où ? Du Mexique"? À ce moment-là, on va lui donner un masque et le personnel soignant va porter un masque. On va mettre cette personne-là en retrait », explique François Desbiens.

Passagers à l'aéroport Jean-Lesage Passagers à l'aéroport international Jean-Lesage. (archives)

Aéroport de Québec

Du côté de l'aéroport international Jean-Lesage, aucune mesure spéciale n'a été prise, du moins pour l'instant, en raison de la grippe porcine. Toutefois, la direction de l'établissement dit être en contact avec Transports Canada et Santé Canada.

Pascal Bélanger, président et chef de l'exploitation de l'aéroport international Jean-Lesage, explique que pour l'instant, la situation ne nécessite pas une intervention. Si les événements se précipitaient, un plan de mesures d'urgence serait toutefois mis en place, dit M. Bélanger.

Par ailleurs, l'Université Laval a décidé d'imposer un moratoire sur les déplacements au Mexique. Ce moratoire touche les étudiants ou les membres du personnel qui prévoyaient s'y rendre pour un stage, des études ou un colloque.

Rappelons que les autorités mexicaines ont fermé plusieurs écoles et universités en raison de la grippe porcine. Quant aux déplacements en Californie et au Texas, l'Université Laval suggère de les éviter, car des cas de grippe porcine y ont été rapportés.

Jusqu'à maintenant, 6 cas de grippe porcine ont été confirmés au Canada. Aucun cas n'a été recensé dans la région de Québec.

Inquiétudes des producteurs

De leur côté, les producteurs agricoles de la région de Québec s'inquiètent des répercussions de la grippe porcine.

Plusieurs d'entre eux craignent que les travailleurs mexicains qui viennent chaque année ne puissent être au rendez-vous cette fois-ci. C'est notamment le cas de Guy Pouliot, copropriétaire de la ferme Onésime Pouliot, située à Saint-Jean-de-l'Île-d'Orléans.

Travailleurs saisonniers mexicains dans une ferme du Québec Travailleurs saisonniers mexicains dans une ferme du Québec. (archives)

Même si certains travailleurs sont déjà arrivés sur sa ferme en prévision de la saison estivale, M. Pouliot affirme qu'il ne peut se passer de la main-d'oeuvre supplémentaire qui doit arriver d'ici les prochaines semaines.

De leur côté, les travailleurs mexicains déjà arrivés se demandent si leurs compagnons pourront venir les rejoindre au Québec pour l'été.

Rappelons que lors d'une réunion lundi, Ottawa et Mexico se sont entendus sur des mesures supplémentaires afin de protéger les Canadiens de la grippe porcine.

Tout travailleur agricole mexicain devra répondre à un questionnaire, être examiné par deux médecins et faire mesurer sa température, pour s'assurer qu'il n'a pas de fièvre, tout juste avant de prendre l'avion.

Université Laval

L'Université Laval impose pour sa part un moratoire sur les déplacements des étudiants et membres du personnel qui devaient se rendre au Mexique. Le directeur adjoint de la santé et de la sécurité à l'Université Laval, Sylvain Allaire, souligne que le Mexique a fermé plusieurs institutions, dont des institutions universitaires. « On voulait s'assurer que les personnes qui s'y rendraient allaient avoir les services d'accompagnement qu'ils ont normalement et auxquels ils ont droit », explique M. Allaire.

Quant aux déplacements en Californie et au Texas, l'Université Laval suggère de les éviter puisque des cas de grippe porcine y ont aussi été rapportés.