Surprise et indignation

Gilles Duceppe Gilles Duceppe

Les rapports dévoilés par Radio-Canada sur les risques d'incendie et d'effondrement au Manège militaire engendrent plusieurs réactions notamment du chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

Les accusations de négligence fusent de toutes parts à la suite de la diffusion du reportage de Radio-Canada selon lequel les risques d'incendie et d'effondrement étaient connus depuis longtemps au Manège militaire de Québec.

Ce dernier juge « irresponsable » l'attitude des Forces canadiennes de n'avoir pas considéré un rapport d'inspection sur les risques d'effondrement des murs de l'immeuble et d'avoir tardé à installer des gicleurs au Manège militaire. « C'est de l'irresponsabilité totale, de la négligence. [...] Ils avaient ces études en main et ça ne les inquiète pas. C'est inquiétant que ça ne les inquiète pas. Quand on a un rapport du genre, on devrait agir immédiatement », déclare Gilles Duceppe.

Gilles Duceppe entend étudier les documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi d'accès à l'information avant de proposer une solution pour assurer l'entretien adéquat des immeubles historiques.

La députée bloquiste de Québec, Christiane Gagnon, parle pour sa part de négligence criminelle.

Quant à lui, Yvan Lachance, un ancien commandant des Voltigeurs, se demande de qui devrait relever la protection du patrimoine. « Moi, j'en veux un peu à ce niveau là. Patrimoine canadien n'a jamais investi un sou dans le Manège militaire pour sa conservation, sa mise aux normes », dit-il.

La conseillère à la ville de Québec, Anne Guérette, dénonce le manque de volonté politique quand il s'agit de la protection du patrimoine. « C'est évident qu'en patrimoine, on a beau avoir toute la meilleure volonté du monde, s'il n'y a pas d'argent qui vient avec ça, bien on ne réussira à rien », dit-elle.

La présidente-directrice générale du Conseil des monuments et sites du Québec, Louise Mercier, ajoute qu'on n'investit pas suffisamment dans l'entretien. « Ce qu'on fait en ce moment partout, à toutes les échelles, c'est que les gens attendent que le problème soit si grand que ce soit des coûts faramineux pour restaurer un bâtiment patrimonial », affirme Mme Mercier.

D'après elle, il faut s'assurer à l'avenir de donner les bons mandats aux bons organismes. Elle estime que dans le cas des monuments historiques du gouvernement fédéral, la responsabilité devrait revenir à Parcs Canada.

Le maire de Québec refuse de commenter. Régis Labeaume préfère regarder vers l'avenir. « Que le toit devait s'effondrer et qu'il n'y avait pas de gicleurs, qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Il est brûlé. Le reste, on va laisser les politiciens faire leur politique. Il est brûlé et nous autres, on se demande ce qu'on va faire avec », mentionne le maire.

Selon les documents obtenus par Radio-Canada la destruction du Manège militaire était prévisible. Des ingénieurs de la base de Valcartier avaient sonné l'alarme en l'an 2000 sur les ravages que pourrait causer un incendie. Un autre rapport parlait des risques d'effondrement de l'édifice. Les travaux n'ont commencé que plusieurs années plus tard. Ils étaient en cours lors de l'incendie du printemps dernier.