Les bureaux du Journal de Québec, pendant le lock-out
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PC/Jacques Boissinot
Quebecor Media conteste la décision rendue le mois dernier par la Commission des relations du travail (CRT) concernant le conflit de 16 mois au Journal de Québec.
L'entreprise demande une révision judiciaire de la décision de la Commission des relations du travail, qui a statué qu'elle avait violé lois québécoises du travail pendant le lock-out de 16 mois.
Mercredi, l'entreprise a déposé en Cour supérieure du Québec une demande de révision judiciaire du jugement de la CRT.
En décembre dernier, la CRT avait statué que Quebecor Media avait violé les dispositions du Code du travail du Québec en employant des briseurs de grève pour publier le Journal de Québec durant le lock-out de ses employés (lire ici notre nouvelle à ce sujet).
La Commission des relations du travail du Québec avait affirmé avoir identifié 12 personnes et cinq entreprises, comme l'agence Nomade, mise sur pied pendant le lock-out, qui ont contribué à faire fonctionner le Journal de Québec pendant le conflit de travail.
Dans sa requête, Quebecor Media affirme que la commissaire Myriam Bédard « a excédé sa compétence en s'arrogeant [...] le pouvoir de changer la description des certificats d'accréditation des syndicats » et en « substituant la notion d'entreprise à celle plus restrictive d'établissement ».
L'entreprise conteste aussi le fait que la CRT a jugé que les employés en cause étaient bel et bien des briseurs de grève, même s'ils ne travaillaient pas dans les locaux du quotidien.
Le Journal de Québec admet avoir publié des textes écrits et des photos prises par des employés contractuels de Canoë, puis de Nomade. Mais il assure cependant n'avoir versé aucune somme pour ces contenus, ni donné de directives à ces employés sur le travail à accomplir.
Au sujet de la création de Nomade, Le Journal de Québec affirme que Quebecor Media a exprimé la volonté « à plusieurs reprises par le passé de se constituer les bases d'une agence de presse nationale pour le bénéfice exclusif de ses filiales ».
Le syndicat qui représente les employés du Journal, a déclaré ne pas être surpris « outre mesure » de la démarche de Quebecor. « Connaissant Quebecor, ils allaient répliquer et tenter l'impossible pour renverser une décision charnière qui leur fait très mal », a indiqué Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués.
La Cour supérieure entendra l'affaire au cours des prochains mois.