Conflit au Journal de Québec
Quebecor Média est blâmé
Mise à jour le lundi 15 décembre 2008 à 12 h 31
Quebecor Média a violé les lois québécoises du travail lors du conflit de 16 mois avec ses employés du Journal de Québec.
Telle est la conclusion de la Commission des relations du travail du Québec. Selon elle, l'entreprise a violé les dispositions du Code du travail du Québec en employant des briseurs de grève pour publier le Journal de Québec durant le lock-out de ses employés.
Au total, la Commission des relations du travail du Québec a identifié 12 personnes et cinq entreprises qui ont contribué à faire fonctionner le Journal de Québec pendant le lock-out de ses employés.
De son côté, Quebecor Média affirme n'avoir jamais eu l'intention de contrevenir aux dispositions du Code du travail du Québec.
L'entreprise dit vouloir examiner plus en profondeur la décision rendue par la Commission des relations du travail du Québec afin d'évaluer les possibilités de révision judiciaire.
Le conflit de travail au Journal de Québec s'est terminé en août dernier. Au total, 252 employés ont été en arrêt de travail pendant près de 16 mois. Rappelons que ce conflit de travail a été le plus long dans un quotidien de langue française au Canada.
La décision de la Commission des relations du travail du Québec tombe au moment où un autre conflit de travail se dessine, cette fois au Journal de Montréal. En effet, les négociations piétinent au Journal de Montréal à propos de la convention collective des employés du quotidien, qui arrive à échéance à la fin du mois de décembre.
Réaction du syndicat
Sans surprise, le Syndicat des employés du Journal de Québec se réjouit de la décision de la Commission des relations du travail du Québec. Pour les syndiqués, il s'agit d'une victoire morale et totale, selon le président du syndicat, Denis Bolduc.
« Quebecor Média a triché. L'entreprise a utilisé des briseurs de grève, des scabs. 12 personnes ont nommément été reconnues comme scabs. Donc, pendant 16 mois, les porte-parole de Quebecor prétendaient publiquement que le Journal de Québec était fait à Québec par des cadres. Il n'y avait rien de plus faux », lance M. Bolduc.
De son côté, l'avocat des employés syndiqués du Journal de Québec, Me Yves Morin, considère que la décision de la commissaire Myriam Bédard est importante pour l'évolution du droit du travail.
« Il y a eu la création d'une structure, d'un système. On a appelé ça tantôt Ferron, tantôt Nomade, tantôt Canoë. Mais malgré toutes ces façades-là, la beauté de l'histoire, c'est qu'elle a su se diriger dans tous ces méandres-là et finalement découvrir que le Journal de Québec était à la solde de toute cette opération-là », affirme M. Morin.