Géopolitique en changement

Arctique-glace   © AFP/Michael Kappeler

Plus de 800 scientifiques réunis à Québec pour la conférence internationale Artic Change 2008 soutiennent que l'Arctique se réchauffe plus rapidement que prévu. Ils arrivent à la conclusion qu'ils ont été trop timides dans leurs recommandations auprès des gouvernements. Ces derniers devront dorénavant composer avec des bouleversements géopolitiques majeurs.

Plus de 800 scientifiques réunis à Québec soutiennent que l'Arctique se réchauffe plus rapidement que prévu et que les gouvernements devraient agir plus efficacement.

« On aurait dû être plus agressifs dans nos recommandations aux politiciens », lance Louis Fortier, professeur à l'Université Laval et directeur scientifique d'ArticNet, le plus important programme de recherche en réseau sur les changements climatiques au Canada.

M. Fortier explique que les changements climatiques n'ont pas fini de façonner la planète, tant sur le plan social qu'environnemental. Par exemple, il souligne que pour la première fois de l'histoire, un navire commercial, le Camilla Desgagné, a traversé les eaux du passage du Nord-Ouest l'automne dernier. « Le passage de ce navire, c'est symbolique, dit-il. Ça veut dire que la navigation à l'intérieur du Canada va nécessairement s'accélérer avec les années qui viennent, grâce à la réduction rapide du couvert de glace. »

La fonte plus rapide que prévu de la calotte glaciaire poussera les gouvernements à agir plus rapidement, selon les scientifiques. « Ce qui se passe dans l'Arctique, ça ramène l'ensemble de l'échéancier du réchauffement planétaire d'une trentaine ou d'une quarantaine d'années en avant », explique Louis Fortier. Les chercheurs sont d'ailleurs convaincus que la fonte de la calotte du Groenland causera des inondations plus au sud.

« « On pourrait voir la moitié du Bangladesh s'inonder une fois pour toutes. [...] Ça devrait provoquer des migrations massives de populations, des tensions culturelles et des guerres pour les ressources. » » — Louis Fortier

En plus de chercher des solutions pour réduire le réchauffement planétaire, les experts croient qu'il faut rapidement mettre en place des stratégies afin de permettre aux populations touchées de s'adapter à ces changements. Les Inuits, qui sont aux premières loges des grands bouleversements climatiques, sont d'ailleurs présents à cette conférence et ne manquent pas de rappeler que leur mode de vie traditionnel est menacé.

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