Le député conservateur Steven Blaney
Les députés conservateurs et bloquistes de la région réagissent aux derniers rebondissements dans la crise qui se déroule à Ottawa. Après une rencontre de plus de deux heures jeudi matin, le premier ministre Stephen Harper a obtenu de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, la prorogation du Parlement. Les travaux reprendront avec la présentation du budget le 26 janvier.
Pendant que les députés conservateurs de la région espèrent que la poussière retombera rapidement, les bloquistes se disent choqués des propos du premier ministre Harper qui les écarte des négociations.
Le député conservateur de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, s'opposait à la coalition des trois partis d'opposition. Il espère que la poussière va retomber et promet que le budget qui sera déposé en janvier sera acceptable. Selon lui, il devrait permettre à son gouvernement de continuer à diriger le pays. « On a un bon leadership économique avec M. Harper. Notre gouvernement conservateur, hier soir, on a bien vu, on tend la main aux partis d'opposition, on va s'asseoir, on va travailler et puis en janvier, on va avoir un budget inclusif », affirme M. Blaney.
Les bloquistes quant à eux se disent choqués des propos du premier ministre Harper qui, estiment-ils, les écarte des négociations pour tendre la main seulement aux libéraux et néo-démocrates. « Il y a eu 73 % de la population du Québec qui a voté autre chose que M. Harper, il devrait justement faire un acte d'humilité », soutient la bloquiste Christiane Gagnon.
Selon Réjean Pelletier, professeur en sciences politique à l'Université Laval, il y a de bonnes chances que M. Harper présente un budget suffisamment rassembleur pour être accepté ou encore, s'il est renversé, avoir un budget avec lequel il peut aller en campagne électorale.
La pression est grande sur les députés de la région. Ils doivent démontrer s'ils veulent passer à travers cette crise qu'ils ont un poids politique à Ottawa, indique M. Pelletier. « S'ils ne sont pas capables de faire débloquer ça, ça veut dire qu'ils n'ont aucun poids à Ottawa, que donc, à ce moment-là, il vaut mieux peut-être avoir des gens qui peuvent faire pression davantage au sein du Bloc que d'avoir des députés, des ministres impuissants à Ottawa », mentionne M. Pelletier.
Les députés fédéraux de la région seront de retour à Québec dans les prochains jours.