Une visite trop brève?

Beaucoup de fébrilité à la veille de l'ouverture

Le Sommet de la Francophonie ne commence que vendredi, mais déjà sévit une petite controverse.

La visite éclair du président français irrite plusieurs personnes au Québec. La France justifie cette décision par la crise financière et l'horaire trop rempli du président.

En effet, le président de la France, Nicolas Sarkozy, ne fera qu'une courte visite au sommet. M. Sarkozy prendra part à l'ouverture officielle de la rencontre, vendredi, ainsi qu'à une seule table de discussion sur la démocratie et la gouvernance, samedi matin, avant de s'envoler vers les États-Unis pour rencontrer le président George W. Bush. Il ne sera donc plus à Québec pour la clôture du sommet, dimanche. Il n'assistera pas non plus aux discussions sur la langue française et l'environnement.

La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine St-Pierre, ne cache pas sa déception. « C'est un peu décevant quant à moi. Mais il reste que ce sont les décisions du président français », dit-elle.

L'ex-ministre québécoise des Relations internationales, Louise Beaudoin, va plus loin. « Le président aurait pu faire le choix de la Francophonie aussi et d'y rester pendant les deux jours. Est-ce que tout est plus important que la Francophonie, ou est-ce qu'on aurait pu envisager un autre scénario? », demande-t-elle.

Au sein des autres délégations qui seront présentes, des critiques surgissent aussi. « Nous sommes gênés de savoir que le président français ne peut pas être présent à la cérémonie de clôture d'une conférence qui est prévue de longue date, nous on ne comprend pas », déclare un journaliste du Bénin.

Le premier ministre du Québec tente de calmer le jeu. « On n'est pas étonné que l'horaire du président Sarkozy soit comprimé. Sauf que demain, c'est une journée importante. Malgré cela, il va donner beaucoup. Il y a le sommet Canada-Union européenne. Il y a le discours à l'Assemblée nationale du Québec », plaide-t-il.

Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy   © AFP/Eric Feferberg

De son côté, la France justifie la visite éclair du président par la crise financière et par l'horaire trop occupé du président Sarkozy, qui assure aussi actuellement la présidence de l'Union européenne.

« Je répète, il est président de l'Europe, la crise éclate et c'est le sommet de la francophonie et Nicolas Sarkozy vient quand même, franchement », dit le Secrétaire d'État français chargé de la Francophonie, Alain Joyandet qui s'étonne qu'on fasse tant de « chipotage » autour de cette histoire.

M. Joyandet rappelle que le président français sera accompagné par le premier ministre de la France, François Fillon, qui, lui, sera présent pour tout le sommet.

Des mesures exceptionnelles

Pendant ce temps, des délégations sont déjà arrivées à Québec. Une soixantaine de pays seront représentés et quelque 3000 délégués prendront part à la 12e édition de l'événement.

Des milliers de policiers se déploient un peu partout dans la Vieille Capitale. Les dignitaires étrangers bénéficient d'une forte escorte policière pour leurs déplacements.

La présence policière a également été renforcée dans certains hôtels du Vieux-Québec, dont le Château Frontenac, et au Centre des congrès, où se tiendront les rencontres.

Dès vendredi, plusieurs restrictions toucheront les stationnements et certaines zones de circulation à Québec. Pour plus d'informations, veuillez visiter le site officiel de l'événement.

Le Sommet de la Francophonie se déroule jusqu'à dimanche. Il s'agit du plus grand rassemblement de chefs d'État de l'histoire canadienne.