La position du Canada dans le récent conflit entre la Russie et la Géorgie pourrait coûter à Rabaska son approvisionnement en gaz naturel.
La position du Canada dans le récent conflit entre la Russie et la Géorgie pourrait éloigner le géant russe du projet de terminal méthanier.
La pétrolière russe Gazprom n'apprécie pas trop que le premier ministre Stephen Harper ait envisagé de revoir toute la coopération entre la Russie et le Canada, incluant le projet Rabaska. Le géant russe Gazprom brandit la menace d'abandonner le projet de terminal méthanier à Lévis.
Le président de Gazprom, Alexander Medvedev, a fait savoir que sa société a déjà identifié d'autres marchés potentiels.
Rabaska maintient toutefois que les négociations se poursuivent avec Gazprom. Selon un spécialiste en politique énergétique, Pierre-Olivier Pineau, cette menace serait plutôt une négociation déguisée. « Ils sont prêts à aller ailleurs pour éventuellement obtenir de meilleures conditions d'approvisionnement, puisque Gaz Métro se retrouverait dans de beaux draps s'ils ne pouvaient pas signer de contrat d'approvisionnement avec Gazprom, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'autres alternatives en terme de gaz naturel », explique-t-il.
Ainsi, si Gazprom menace de se retirer, Rabaska pourrait alors adoucir certaines conditions du contrat d'approvisionnement pour s'assurer de la participation du géant russe. La stratégie de Gazprom aurait cependant une faiblesse, selon Pierre-Olivier Pineau: Gazprom n'aurait pas autant de facilité qu'elle le prétend à vendre son gaz liquéfié ailleurs en Amérique du Nord. Un approvisionnement russe sur la côte américaine, par exemple, ne serait pas plus facile politiquement qu'un approvisionnement du Canada.
Selon le spécialiste, il serait encore moins probable de voir le gouvernement du Québec s'ingérer dans ce litige. Négocier directement avec la société d'État russe constituerait, selon lui, un impair diplomatique majeur.
Les représentants de Gaz Métro, une des compagnies qui fait partie du consortium Rabaska, participent ces jours-ci à la mission économique Québec-Russie initiée par le ministre Raymond Bachand. La proximité de Gazprom avec le pouvoir politique russe complique les choses.