L'ADQ et le PQ réclament la gratuité de la procréation assistée.
L'Action démocratique et le Parti québécois réclament tous deux la gratuité du traitement des couples infertiles qui veulent des enfants.
L'État doit payer les traitements contre l'infertilité, selon les partis d'opposition à l'Assemblée nationale qui en font une condition d'acceptation d'un projet de loi encadrant ces pratiques.
S'ils n'obtiennent pas gain de cause auprès du gouvernement Charest, l'ADQ et le PQ voteront contre le projet de loi 23, destiné à encadrer les activités des cliniques privées qui offrent ces services.
Le député péquiste Bernard Drainville a rencontré la presse lundi pour demander au gouvernement d'assumer les traitements de l'infertilité, dont la fécondation in vitro, au coût de 30 millions de dollars par année.
La sortie du porte-parole péquiste en matière de santé soulève toutefois la colère de l'opposition officielle adéquiste, qui revendique la paternité de cette demande.
« Le problème, c'est que le PQ copie sur le voisin, parce que c'est une position que l'ADQ défend depuis plusieurs années », déplore le député adéquiste Éric Caire.
Le député péquiste Bernard Drainville affirme que l'État a le devoir de soutenir près de 10 % des couples qui sont victimes d'infertilité et qui veulent fonder une famille.
« L'État paie déjà pour la ligature des trompes, pour la vasectomie et les interruptions de grossesse. Alors, si l'État paie pour le droit d'une femme d'interrompre sa grossesse, à notre avis, l'État devrait payer aussi pour une femme qui souhaite une grossesse », a déclaré M. Drainville.
Le projet de loi 23, déposé par les libéraux du premier ministre Charest, limiterait le nombre d'embryons par femme dans les cas de procréation assistée, afin de réduire les risques de grossesse multiple et les naissances prématurées.
M. Drainville est d'accord avec ce principe. Il ajoute cependant qu'il s'agit d'une raison de plus pour appuyer les couples qui devront probablement payer plus d'un traitement à 10 000 $ avant d'obtenir une grossesse.
« Le ministre ne peut pas juste dire aux couples infertiles de s'organiser avec la facture. C'est inacceptable », a-t-il dit.
Depuis 2008, Québec offre aux couples un crédit d'impôt de 50 % pour payer une partie des coûts.
Marie-Ève Bédard, l'attachée de presse du ministre de la Santé Philippe Couillard, indique que la Régie de l'assurance-maladie du Québec ne couvre pas la fécondation in vitro parce que son taux de succès est faible et ses coûts sont élevés.
L'ADQ veut déposer deux amendements au projet de loi 23 afin que l'infertilité soit considérée comme une maladie et que les traitements soient payés par l'État.
« On n'en est pas là », a dit Mme Bédard, précisant que le projet de loi vise plutôt à encadrer les activités des cliniques privées qui offrent ces services.