Une pétition de 62 000 signatures a été déposée, mercredi après-midi, à l'Assemblée nationale, pour réclamer que le registre des délinquants sexuels devienne public.
Malgré le dépôt d'une pétition de 62 000 signatures à l'Assemblée nationale, Québec n'a pas l'intention de mettre en place un registre public des prédateurs sexuels. Le ministre de la Justice craint les conséquences d'une telle mesure.
L'initiative a été lancée par une mère du quartier Limoilou, à Québec, Sophie Dupont, dont la fille de 10 ans aurait reçu une proposition sexuelle d'un voisin. L'homme avait déjà été condamné pour avoir eu des relations sexuelles avec un mineur. « Si j'avais eu accès à ce registre-là, dit-elle, on aurait su qui était ce voisin-là, ça ne serait jamais arrivé. »
Le ministre de la Justice du Québec, Jacques Dupuis, est réfractaire à rendre publiques les informations personnelles sur les délinquants sexuels. Il explique que les corps policiers savent où se trouvent ces personnes à risque. « [...] pour l'instant, avance-t-il, ça fonctionne et les policiers exercent cette vigilance-là, alors pour l'instant, moi ça me convient. ». Le ministre de la Justice craint qu'une telle mesure entraîne, comme ce fut le cas aux États-Unis, des cas de vindicte populaire.
L'opposition sans position
L'Action démocratique du Québec a décidé d'entreprendre une tournée de consultations pour connaître la position du public sur la question.
En entrevue à RDI, la porte-parole de l'opposition officielle en matière de sécurité publique, Sylvie Roy, a précisé que les rencontres commenceront prochainement. « Il y a lieu d'avoir des nuances là-dedans, parce que pour un pédophile dangereux, on s'enflamme assez facilement, mais pour un crime peut-être un peu moins grave, dit-elle, [...] il y a aussi la famille du délinquant, la femme et les enfants, qui deviennent des victimes si on fait un registre public. »
Le modèle américain