Près de 3 000 étudiants de l'Université Laval ont amorcé un débrayage, mercredi, afin de s'opposer à la décision du gouvernement Charest de hausser les droits de scolarité de 30 % sur 5 ans, et ce, dès cet automne. Les étudiants du collège François-Xavier-Garneau leur ont emboité le pas jeudi.
Des étudiants du collège François-Xavier-Garneau et de l'Université Laval se liguent contre le dégel des frais de scolarité.
Ces derniers revendiquent des réinvestissements massifs en éducation. Concrètement, ils réclament que le gouvernement comble le déficit des universités qui atteint au bas mot 400 millions de dollars. Ils demandent également à Québec de geler, sinon même d'abolir, les frais de scolarité.
À l'Université : 7% des 38 000 étudiants disent oui.
Au total, 13 des 80 associations membres de la Confédération des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL) ont approuvé un débrayage qui s'échelonnera sur trois jours. Les étudiants ont préféré ce moyen de pression à un autre puisque, comme le précise le président du regroupement des étudiants en sociologie, Philippe Nazair, la mobilisation constitue un véritable défi.
« Partir une grève ce n'est pas quelque chose de facile à faire et nous ne croyons pas que le moyen de la grève générale illimitée est un moyen que nous devons prendre maintenant. C'est possible, en effet, que tous les étudiants n'aient pas la même position à ce sujet, mais je ne crois pas que la position de ceux qui y croient soit moins légitime », a-t-il défendu.
Au collégial
Les cégeps François-Xavier-Garneau et de La Pocatière sont également en grève. Les étudiants du collège de Québec ont voté, par une très faible majorité de 51 %, pour le déclenchement d'une grève de 24 heures à compter de jeudi matin.
Moins de 500 des 6000 étudiants qui fréquentent l'établissement ont participé à l'assemblée générale. En dépit de ce faible taux de participation, des piquets de grève seront érigés à l'entrée du cégep afin d'empêcher la tenue des activités normales.
La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.
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CP PHOTO/Jacques Boissinot
Québec persiste
Du côté du gouvernement Charest, la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne, réitère le refus de Québec de faire marche arrière.
« Ça demeure encore une augmentation de droit extrêmement raisonnable. Nous avons bonifié l'aide financière aux étudiants pour justement nous assurer de l'accessibilité et limiter au maximum l'augmentation de ces droits. Je vous rappelle surtout qu'on est la province dont les droits de scolarité sont les plus bas au Canada », a répété la ministre Courchesne.
Le débrayage des étudiants s'inscrit dans un mouvement national qui culmine jeudi à Montréal par une grande manifestation. Environ 200 étudiants de l'Université Laval iront protester dans la métropole.