Ottawa met la pédale douce

Rabaska

Bien que les gouvernements provincial et fédéral aient travaillé en étroite collaboration pour évaluer l'impact environnemental du projet Rabaska, Ottawa est manifestement moins expéditive dans ses démarches que ne l'est le gouvernement Charest.

Le gouvernement fédéral ne semble pas partager le sentiment d'urgence de Québec quant à la construction du terminal méthanier. Il lance d'ailleurs une consultation, à ce propos, auprès de deux groupes autochtones.

Dix jours après que Québec eut décrété le dézonage du vaste territoire agricole lorgné par les promoteurs du projet Rabaska, en invoquant l'urgence de trouver un approvisionnement en gaz naturel, le gouvernement fédéral freine son élan en lançant une consultation auprès de deux groupes autochtones.

Ainsi, Ottawa préfère s'abstenir de conjecturer sur le moment où les promoteurs obtiendront finalement le feu vert.

Pourtant, lorsque Québec a approuvé le projet, tout portait à croire que le gouvernement Harper avait également donné son aval. « L'ensemble des experts du gouvernement du Québec et du gouvernement fédéral ont, avec tout le professionnalisme dont ils doivent faire preuve, décrété que le projet était acceptable et pouvait être autorisé », affirmait alors la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp.

Aujourd'hui, Québec préfère garder le mutisme à ce propos.

Le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, refuse également de commenter le dossier. Son cabinet a même interdit aux fonctionnaires d'accorder des entrevues à ce sujet.

Ottawa n'a jamais cherché à entraver un projet autorisé par Québec après que le processus d'évaluation environnementale eut été mené à bien. Ainsi, dans les coulisses du gouvernement du Québec, plusieurs s'étonnent du moment choisi par le gouvernement fédéral pour consulter les Autochtones.