Mohamed Cherfi
Il y a deux ans, la décision du Canada d'expulser Mohamed Cherfi, cet Algérien d'origine qui avait trouvé refuge dans une église à Québec pour éviter la déportation, a fait grand bruit. Aussi, bien que sa lutte soit moins médiatisée depuis, elle n'en est pas moins mouvementée.
Le comité de solidarité avec Mohamed Cherfi et la conjointe de ce dernier, Louise Boivin, pressent le gouvernement fédéral de régler le dossier de l'Algérien, qui s'escrime à obtenir l'autorisation d'Immigration Canada pour venir s'établir au Québec.
Aujourd'hui, dépités par la longueur des procédures et le mutisme d'Immigration Canada concernant son retour au pays, lui et sa conjointe, Louise Boivin, ont pris le parti de ramener le débat sur la place publique. Appuyés par le Comité de solidarité avec Mohamed Cherfi, ils pressent le gouvernement fédéral de régler le dossier de l'Algérien, qui s'escrime à obtenir l'autorisation d'Immigration Canada pour venir s'établir au Québec.
Mohamed Cherfi vit présentement dans un modeste appartement de Burlington au Vermont. Après un séjour de 16 mois en détention, il a finalement obtenu le statut de réfugié aux États-Unis.
« Oui, je travaille et je mène ma vie. Il n'y a aucune restriction. Je suis un réfugié à part entière et j'ai tous mes droits ici », raconte-t-il.
Or, quoique reconnaissant, M. Cherfi entretient toujours l'espoir de revenir vivre au Québec pour s'établir et bâtir une famille avec sa conjointe.
« Ce qui me fait le plus mal, c'est que nos vies sont en suspens. On n'arrive pas à se projeter dans l'avenir », dit-il, tristement. Puis, Mme Boivin ajoute : « Il n'est pas possible de parler de projets familiaux quand on vit de chaque côté de la frontière. On est dans deux pays. Moi, je suis séparée entre deux pays; mon coeur est ici, mais mon coeur est là-bas. C'est là-bas que je vis ».
M. Cherfi cherche donc, en vain, depuis deux ans, à obtenir l'autorisation de franchir la frontière. Le gouvernement provincial a déjà délivré, en 2005, un certificat de sélection à cet effet. Depuis, Mohamed Cherfi attend les résultats de l'enquête de sécurité fédérale.
« L'enquête de sécurité se prolonge alors que les Américains l'ont fait en une période plus courte. Les Américains m'ont accordé le statut de réfugié. Je vis librement aux États-Unis. Je ne vois aucune raison pour qu'on prenne tous ces délais pour faire une enquête sécuritaire pour moi », déplore-t-il.
Louise Boivin, conjointe de Mohamed Cherfi
Mme Boivin abonde dans le même sens.
« Pour nous, ce sont des délais abusifs. Moi, je suis épuisée de ne pas savoir quand ça va s'arrêter », affirme-t-elle.
Mohamed Cherfi a été expulsé du Canada en 2004. Il s'était réfugié dans une église de Québec parce qu'il craignait pour sa vie s'il retournait en Algérie. Le Canada lui avait refusé le statut de réfugié. Selon Immigration Canada, Mohamed Chefi n'était pas parvenu à s'intégrer attendu qu'il n'avait pas d'emploi rémunéré. Ce dernier était alors porte-parole des sans-papiers algériens au Québec.