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Notre nouvelle sur la première journée d'audiences à Québec
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Commission Bouchard-Taylor
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Notre nouvelle sur la première journée d'audiences à Québec
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![]() Photo: Martin Labbé |
La deuxième journée des audiences de la Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement liées aux différences culturelles a laissé place à des témoignages attendus, à Québec. Le cardinal Marc Ouellet a notamment fait connaître sa position devant les commissaires, mardi après-midi.
Le cardinal estime que la pratique de la religion catholique peut être une solution aux problèmes d'accommodements. Selon lui, la religion catholique, qui prône l'amour, le partage et le respect, pourrait aider les Québécois à devenir plus accueillants envers les nouveaux arrivants.
Il voit dans le débat actuel sur les accommodements un malaise de société: « Le vrai problème québécois est la perte de ses repères religieux. Le vide spirituel créé par une perte de sa mémoire historique et de ses valeurs religieuses entraînant une crise de la famille et de l'éducation. Ce malaise profond mine de l'intérieur la culture québécoise et l'affaiblit », a-t-il soutenu.
Il a par ailleurs dénoncé, une fois de plus, la décision du Québec de retirer l'enseignement confessionnel des écoles. Il y voit une violation de la liberté religieuse des citoyens. À son avis, cette réforme « soumet les religions au contrôle et aux intérêts de l'État tout en mettant fin à la liberté religieuse qui est acquise à l'école depuis des générations. »
Le cardinal Ouellet a aussi plaidé pour le maintien du crucifix à l'Assemblée nationale. Selon lui, ce symbole n'est non pas un signe confessionnel, mais un témoin de la culture québécoise et l'enlever constituerait un déni du passé des Québécois.
Contre les accommodements linguistiques
![]() L'avocat Guy Bertrand |
Plus tôt dans la journée, l'avocat Guy Betrand a soutenu que les accommodements linguistiques, bien plus que les accommodements religieux, menacent l'identité québécoise. Selon lui, le français est menacé de disparition au Québec et les francophones pourraient être minoritaires dans 10 ans. Pour lui, l'indépendance du Québec devient la seule avenue possible.
« La nation québécoise doit être protégée et mise en valeur par la naissance d'un État français indépendant qui décidera seul quels sont les accommodements qui doivent être consentis à ses minorités et à ses immigrants conformément aux valeurs et aux principes universellement reconnus », a-t-il soutenu.
Me Bertrand s'est tout de même fait rappeler par le commissaire Charles Taylor que ce sont d'abord les accommodements religieux et non pas linguistiques qui font l'objet du débat présentement au Québec.
Le chef de la nation huronne-wendate, Max Gros-Louis, s'est aussi présenté devant la Commission, mardi. Son mémoire en deux volets abordait le mandat de la Commission, puis l'histoire des accommodements des premières nations. Il a rappelé que les premières nations ont accueilli et accommodé les nouveaux arrivants et qu'ironiquement, leurs droits en matière de ressources naturelles et de gouvernance ne sont toujours pas reconnus.
Deux jours et demi d'audiences
![]() Photo: Martin Labbé |
La commission attire beaucoup de participants à Québec. Près de 470 personnes se sont inscrites aux deux soirées consacrées aux Forums des citoyens. En tout, une soixantaine de mémoires et témoignages auront été présentés durant les deux jours et demi d'audiences.
La Commission, coprésidée par le sociologue et historien Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor, mène des consultations publiques dans l'ensemble du Québec dans le but de dresser un portrait des pratiques d'accommodement et effectuer une analyse des enjeux en cause. Un rapport et des recommandations seront remis au premier ministre du Québec le 31 mars 2008.