La CPTAQ persiste et signe

Le projet Rabaska Le projet Rabaska

Dans une décision sans appel, la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) a réitéré mercredi son opposition au projet Rabaska. La CPTAQ avait déjà rejeté, dans un avis préliminaire, la demande de la Ville de Lévis pour l'exclusion de 190 hectares de la zone agricole.

La Commission de protection du territoire agricole, récemment dessaisie du dossier par le gouvernement Charest, réitère que le projet de terminal méthanier à Lévis compromet la vocation agricole du secteur.

La Ville de Lévis devait faire la preuve qu'aucun autre terrain ne pouvait accueillir les installations de Rabaska. Les promoteurs du projet ont quant à eux tenté de présenter des solutions de rechange.

Ces propositions n'ont manifestement pas été jugées satisfaisantes par la CPTAQ. La commission évalue qu'à long terme, les installations compromettraient la vocation agricole d'un secteur de 500 hectares.

« La zone agricole ne doit pas être une zone en attente de développement à d'autres fins que l'agriculture. Aucun agriculteur n'investirait des centaines de milliers de dollars dans sa terre sachant que sa terre sera requise pour d'autres fins que l'agriculture », est-il inscrit dans le rapport final.

Or, la CPTAQ a récemment été dessaisie du dossier Rabaska par le gouvernement Charest et ses nouvelles conclusions pourraient n'avoir aucun impact sur la décision de Québec.

En effet, pour l'instant, rien n'indique que le gouvernement ait l'intention de faire marche arrière.

« Quand on a la conviction et la certitude que tout a été fait au niveau de l'environnement, au niveau des études économiques, au niveau des possibilités de sites, à un moment donné, il faut que le gouvernement se décide », a affirmé le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard.

Jacques Levasseur, le président de l'Association pour la protection de l'environnement de Lévis, félicite néanmoins la commission qui, à la veille de son trentième anniversaire, se tient encore debout et continue à respecter ses principes.

« Oui, le gouvernement a le droit d'enlever les pouvoirs à la commission et de les prendre, mais en même temps, il doit accepter de prendre les responsabilités et la réglementation de la commission. Le gouvernement se substitue à la commission, mais il doit respecter son mode de fonctionnement », a-t-il ajouté. M. Levasseur continue à espérer que le gouvernement arrivera aux mêmes conclusions que la commission.

Dans le cas contraire, les opposants au projet se préparent à attaquer sur un autre front. Si Québec émet un décret, les agriculteurs entendent intenter une action devant les tribunaux. « On comprend que pour des raisons de nature politique le gouvernement tente de justifier son geste, mais il n'est pas à l'abri d'un contrôle judiciaire de son action », a laissé entendre leur avocate, Guylaine Caron.