Pénurie anticipée

Gaz naturel Installations gazières (archives)

À l'heure qu'il est, les principaux gisements de gaz naturel à partir desquels le Canada s'alimente sont situés dans l'Ouest canadien. Or, le gazoduc ne suffit plus à fournir le pays. À tel point que Gaz Métropolitain doit parfois interrompre le service pour une partie de sa clientèle industrielle.

Plusieurs observateurs prévoient que, d'ici 5 ou 10 ans, l'Ouest canadien ne suffira plus à alimenter le pays en gaz naturel.

Selon plusieurs analystes, la situation risque de se détériorer. La production de gaz naturel dans les provinces de l'Ouest, prévoient-ils, diminuera au moment même où la demande explosera.

« Pour les années à venir, immédiates, on peut penser qu'il pourra continuer à répondre à la demande, mais, à moyen terme, c'est évident qu'il faut chercher des sources alternatives d'approvisionnement en gaz naturel », affirme Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et spécialiste des politiques énergétiques.

Selon lui, l'implantation de ports méthaniers au Québec permettrait de pallier le manque de ressources. L'énergie ainsi produite, propose-t-il, pourrait être exportée.

« Pour les besoins du Québec, on pourrait envisager des scénarios sans ces ports méthaniers, mais si on faisait des choix en pensant uniquement au Québec, ça nous amènerait à avoir des comportements énergétiques globaux qui seraient absurdes. Parce que l'environnement ne se limite pas à la frontière québécoise », a-t-il défendu.

C'est d'ailleurs pour répondre à la demande croissante de gaz naturel que le gouvernement québécois songe très sérieusement à donner le feu vert au projet de port méthanier à Lévis.