Le chef du Parti libéral, Stéphane Dion
Le dossier Rabaska est loin d'être terminé, selon le chef libéral fédéral Stéphane Dion. De passage à Armagh, dans la région de Bellechasse, mardi, Stéphane Dion s'est adressé à une vingtaine de représentants d'organismes environnementaux de la région.
De passage à Armagh, dans Bellechasse, le chef libéral fédéral se dit sensible aux revendications des environnementalistes qui s'opposent au projet de terminal méthanier à Lévis.
L'ex-ministre fédéral de l'Environnement s'est montré très sensible aux revendications des environnementalistes qui dénoncent le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet Rabaska.
M. Dion rappelle que le rapport BAPE, rendu public jeudi, n'est qu'une étape dans le processus. Stéphane Dion soutient que des avis préoccupants d'experts émis lors des audiences, comme ceux de Transports Canada sur la sécurité sur le fleuve, et de Santé Canada, sur la santé publique, devront faire l'objet de nouvelles discussions.
Le chef libéral souligne aussi que le fédéral a son mot à dire sur le projet, entre autres en matière de transport maritime et d'approvisionnement énergétique.
Selon Stéphane Dion, si un projet doit être réalisé, ce doit être celui de Gros-Cacouna qui a l'assentiment de la communauté et où les risques semblent moins élevés.
Les environnementalistes pour leur part ont bien l'intention de continuer à sensibiliser d'autres politiciens à leur cause.
D'autres appuis aux opposants
Par ailleurs, d'autres voix s'ajoutent au concert de critiques du rapport du BAPE dans le dossier Rabaska. Deux anciens fonctionnaires des ressources naturelles signent une lettre dans Le Devoir dans laquelle ils s'interrogent sur la pertinence énergétique du projet de port méthanier à Lévis.
La consommation de gaz naturel au Québec a connu une croissance anémique et selon les signataires, dont Denis L'Homme, directeur général des énergies conventionnelles et ex-sous-ministre associé à l'Énergie de 1992 à 1995, aujourd'hui retraité, le marché du gaz naturel pourrait même être en décroissance.
« On prétend qu'il y aurait probablement même une baisse de la demande gazière au Québec et Rabaska, comme Gros-Cacouna, apporte une quantité de gaz qui est égale à la consommation annuelle actuelle au Québec. Faites l'équation et c'est clair qu'on n'en a pas besoin », croit M. L'Homme.
M. L'Homme, qui a suivi les audiences du BAPE, critique aussi sévèrement le rapport qu'il juge faible et complaisant.
À la défense du BAPE
Le ministre Claude Béchard
Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, défend pour sa part le BAPE dont la crédibilité est remise en question par les environnementalistes. « Je pense que le BAPE a fait un bon travail. Il a fait des audiences publiques, au-delà de 600 mémoires ont été déposés. C'est un rapport qui est très volumineux alors moi, je ne suis pas prêt à remettre en question le travail du BAPE », dit-il.
Il ajoute que le BAPE a fait ses recommandations et qu'il appartient maintenant au gouvernement de prendre sa décision.
Après plusieurs mois de consultations et de réflexions, le BAPE a conclu dans un rapport publié jeudi soir dernier que les risques associés au projet Rabaska à Lévis « paraissent acceptables ».