Quebecor décrète un lock-out

Lock-out au Journal de Québec

Pour la première fois de son histoire, la direction du Journal de Québec a décrété un lock-out dimanche matin. Les négociations entre le syndicat et la partie patronale sont rompues depuis trois semaines.

Les 140 journalistes et employés de bureau font face au premier lock-out de l'histoire du quotidien. Les travailleurs de l'imprimerie déclenchent la grève par solidarité.

La décision de Quebecor touche 140 journalistes et employés de bureau. Lors d'une assemblée extraordinaire des trois syndicats tenue dimanche soir, les employés de l'imprimerie, qui n'étaient pourtant pas concernés par cet arrêt de travail, ont décidé d'appuyer massivement leurs collègues en lock-out et de déclencher la grève immédiatement.

Le quotidien est tout de même publié lundi matin et selon le syndicat, il aurait été imprimé à Toronto.

La direction a exprimé son intention de continuer à publier le Journal de Québec en se servant d'articles du Journal de Montréal et d'une équipe de cadres en place à Québec, selon le porte-parole de Quebecor Média, Luc Lavoie.

Journal de Québec Journal de Québec

Toutefois, les journalistes du Journal de Montréal n'ont pas l'intention de jouer les briseurs de grève dans ce conflit, indique la présidente du syndicat des travailleurs de l'information du quotidien de Montréal, Chantale Léveillé.

« Il y a certaines particularités dans notre convention qui prévoient que nos textes puissent être publiés ailleurs, mais ils doivent l'être de la même façon qu'ils l'étaient au cours des dernières semaines. Donc, si on voit qu'on occupe un espace beaucoup plus important dans le Journal de Québec, il y aura certainement des moyens juridiques qui seront mis en marche », dit-elle.

Débat autour de la contre-proposition syndicale

Luc Lavoie, vice-président exécutif aux Affaires corporatives de Quebecor Luc Lavoie, vice-président exécutif aux Affaires corporatives de Quebecor

Quebecor exige des concessions de la part de ses employés. La direction veut répartir les heures de travail hebdomadaire sur cinq jours, au lieu de quatre. Elle veut aussi réduire la main-d'oeuvre en centralisant certains services, comme les petites annonces.

Selon Luc Lavoie, ces mesures sont essentielles dans le cadre de la mutation profonde que traverse l'industrie des journaux, notamment avec le développement d'Internet. Il souligne que les revenus et les marges de profit des journaux s'écroulent.

Luc Lavoie déplore aussi le fait que le syndicat n'a toujours pas fait de contre-proposition depuis le rejet des offres patronales, en février. Mais les représentants des employés disent qu'ils ont bel et bien présenté une contre-proposition, qui n'a cependant pas satisfait la direction du groupe.

Denis Bolduc, président du syndicat de la rédaction au Journal de Québec Denis Bolduc, président du syndicat de la rédaction au Journal de Québec

« Il n'y a aucune raison de décréter un lock-out, d'autant plus qu'on ne sent aucune volonté de l'employeur de négocier. Il veut nous imposer des choses, il ne veut rien bouger », a déclaré Denis Bolduc, président du syndicat de la rédaction du Journal de Québec.

Le syndicat estime d'ailleurs que ce conflit a été créé de toutes pièces par la direction. Le lock-out « a été planifié par Quebecor depuis plus de six mois », a indiqué M. Bolduc. Le syndicat est en mesure de le prouver grâce à des notes et photos d'« une salle de presse qui a été montée au troisième étage du Toronto Sun, à Montréal, depuis longtemps », a-t-il ajouté.

Rappelons que les négociations au Journal de Québec ont débuté en décembre 2006. La partie patronale a déposé une offre globale le 20 février dernier. Seul le syndicat des représentants commerciaux a accepté la proposition de l'employeur, ce qui a mené à la signature de leur nouvelle convention collective, le 2 mars.