Un projet de loi privé a été déposé mercredi à l'Assemblée nationale pour encadrer certains aspects du projet Rabaska à Lévis, et cela avant même qu'il ait été autorisé par le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE).
Le projet de loi privé sanctionnant l'entente conclue entre Rabaska et la Ville de Lévis a été déposé mercredi à l'Assemblée nationale.
Le projet de loi 216 définit les sommes que les promoteurs devront payer à Lévis après sa mise en exploitation. Elles sont fixées à 7 millions de dollars par année pour augmenter graduellement jusqu'à 11 millions de dollars à compter de la 16e année d'exploitation.
Le projet de loi prévoit aussi l'ajout de réservoirs de stockage de gaz naturel liquéfié en indiquant qu'ils devront être installés à l'intérieur du territoire décrit.
Les plans actuels de Rabaska prévoient deux réservoirs de stockage. Le projet de loi a été référé pour étude à la commission parlementaire sur l'aménagement.
Les opinions s'affrontent aux audiences
Pendant ce temps, les audiences du BAPE se sont poursuivies mercredi après-midi. Des citoyens se sont dits inquiets des effets négatifs du projet sur l'industrie des croisières. Le promoteur a répondu qu'après discussions avec les dirigeants du port, il n'y aurait pas d'impact sur l'industrie des croisières.
Le conseiller municipal de Lévis Jean-Claude Bouchard est par ailleurs revenu à la charge sur la question de zonage. Il a soutenu que la réglementation actuelle de Lévis ne permettait pas l'implantation d'un port méthanier. Un fonctionnaire prétend le contraire. Le conseiller municipal est si convaincu de l'illégalité du projet, qu'il croit inévitable la tenue d'un référendum.
Visite des lieux
Mercredi matin, une cinquantaine de personnes ont visité les lieux où les promoteurs projettent d'ériger une partie des installations du port méthanier, à Lévis.
Les commissaires du BAPE, les promoteurs et des citoyens en faveur et contre le projet se sont rendus là où seraient installés les deux réservoirs de gaz naturel liquéfié.
Ils ont aussi pu voir où passerait le gazoduc de 42 kilomètres.
Certains citoyens déjà favorables au projet, notamment l'ex-président de la chambre de commerce de Lévis, Pierre Garant, se sont dits rassurés par cette visite.
Pierre Garant estime que les modifications apportées au paysage semblent mineures comparativement aux avantages pour la communauté lévisienne de l'implantation d'un tel projet.
Gaston Cadrin
Cette visite a cependant eu l'effet contraire pour d'autres. Le président du Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), Gaston Cadrin, qui s'oppose au projet de port méthanier depuis le début, affirme que cela n'a fait que confirmer toutes ses inquiétudes.
« Je trouve qu'on ne doit pas sacrifier ce beau paysage à l'entrée maritime de Québec pour un projet qui va créer 50 emplois », dit-il.
Les audiences publiques du BAPE sur le projet Rabaska se poursuivent au collège de Lévis-Lauzon.
Elles se termineront vendredi pour reprendre après le congé des fêtes.