Plus de 400 personnes ont assisté mercredi soir à la première partie des audiences publiques sur le projet de port méthanier à Lévis, Rabaska.
Plus de 400 personnes, dont une majorité d'opposants, ont assisté à la première partie des audiences publiques sur le controversé projet de port méthanier.
Ces audiences du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sont un test crucial pour les promoteurs de Rabaska qui doivent convaincre le gouvernement, mais surtout les opposants du bien-fondé de leur projet.
De nombreux opposants, pour lesquels ces audiences sont une dernière tentative pour bloquer ou faire modifier ce projet, sont venus témoigner de leur inquiétude en ce qui a trait à la sécurité et à l'impact environnemental du projet.
Le porte-parole du groupe d'opposants Rabat-Joie, Yves Saint-Laurent, a notamment pris la parole. « Le gaz naturel liquéfié (GNL) présente un danger pour la santé puisqu'il est un produit combustible, inflammable et explosif », a-t-il dit.
Le président du GIRAM, Gaston Cadrin
Le président du Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), Gaston Cadrin, a pour sa part soutenu qu'un port de GNL ne devait pas être installé parmi la population, ni dans un environnement paysager et culturel de grande valeur.
Tout l'état-major du consortium derrière ce projet de 840 millions de dollars était aussi présent. Les promoteurs ont tenté de calmer les inquiétudes de la population. « Le risque est acceptable pour toutes les maisons et les zones habitées. Aussi, pour le gazoduc de 42 km, le risque est acceptable et respecte les critères », a affirmé le président du consortium Rabaska, Glenn R. Kelly.
Isabelle Tremblay, fondatrice du regroupement À bon port, un groupe pro-Rabaska, a pour sa part soutenu que le projet représentait une valeur ajoutée significative pour l'économie de Lévis, mais aussi pour la région de la Capitale-Nationale.
Une trentaine de personnes, promoteurs et experts gouvernementaux, étaient disponibles pour répondre aux interrogations des citoyens. Ces journées d'audiences se poursuivent jusqu'à la fin de la semaine prochaine.
La commission conjointe fédérale-provinciale qui tient ces audiences publiques prendra connaissance des mémoires qui lui seront soumis à la fin du mois de janvier. Son rapport sera remis au ministre Béchard avant le 5 avril. Ce dernier aura 60 jours pour le rendre public.
Un projet controversé
Le projet serait situé dans le secteur est de Lévis
Le projet Rabaska est l'initiative des firmes Gaz Métro, Gaz de France et Enbridge. Le projet prévoit la construction du terminal méthanier dans la partie est de Lévis, et comprend une jetée dans le fleuve pour recevoir les méthaniers chargés de gaz liquide provenant d'outre-mer.
La construction de deux réservoirs pour le stockage du gaz naturel liquéfié est aussi prévue. Un gazoduc de 42 kilomètres acheminerait ensuite le gaz au réseau de transport interprovincial, dans le secteur Saint-Nicolas.
Depuis son annonce, ce projet est contesté par des groupes environnementalistes et citoyens de Lévis, de Beaumont et de l'île d'Orléans. Rappelons que 150 propriétés se trouvent dans un rayon de 1,5 km des installations projetées.
Les opposants craignent le risque d'explosion, la pollution visuelle dans un environnement exceptionnel et les problèmes pour la circulation maritime.
Les promoteurs, pour leur part, rejettent ces arguments. Selon eux, le projet est sécuritaire. À cause des retombées économiques attendues, le monde des affaires défend le projet. Un groupe pro-Rabaska a d'ailleurs été formé.
Pour sa part, la Ville de Lévis retirerait en moyenne plus de 9 millions de dollars en taxes par année avec le projet Rabaska.