Kathleen Wynne devient première ministre désignée

Kathleen Wynne a rencontré la presse jeudi, après être devenue première ministre désignée. Kathleen Wynne a rencontré la presse jeudi, après être devenue première ministre désignée.  Photo :  PC/Frank Gunn

La nouvelle chef libérale, Kathleen Wynne, a rencontré jeudi matin le lieutenant-gouverneur de la province, David C. Onley, qui lui a demandé officiellement de former un nouveau gouvernement.

Le premier ministre démissionnaire Dalton McGuinty, qui a participé à la rencontre, a ainsi passé le flambeau officiellement à Mme Wynne.

L'ex-ministre des Transports et des Affaires municipales doit être assermentée comme première ministre le 11 février, en même temps que les membres du Cabinet.

La composition du prochain Conseil des ministres est un secret pour l'instant. Mais, selon plusieurs observateurs, la ministre de l'Éducation, Laurel Broten, risque de servir d'agneau sacrificiel dans la crise avec les enseignants et elle sera remplacée par quelqu'un d'autre.

Les travaux de l'Assemblée législative doivent reprendre le 19 février. Mme Wynne, à la tête d'un gouvernement minoritaire, devra obtenir l'appui de députés d'opposition pour rester au pouvoir.

Du pain sur la planche

La première ministre désignée a jeté, jeudi, un pavé dans la mare des néo-démocrates, rejetant la requête du NPD de lancer une enquête publique sur la coûteuse annulation de deux projets de centrales électriques.

« C'est très cher (une enquête publique). Je veux que l'information soit publique, mais je ne veux pas utiliser beaucoup d'argent. » — Kathleen Wynne, première ministre désignée

L'annulation des projets de centrales au gaz naturel à Mississauga et à Oakville a coûté au moins 230 millions de dollars au trésor public. La chef néo-démocrate, Andrea Horwath, a affirmé que la tenue d'une enquête publique était la seule façon de « dépolitiser » la question, qui a paralysé la dernière session législative.

Pour leur part, les conservateurs affirment que Kathleen Wynne était impliquée, en tant que codirectrice de la campagne des libéraux en 2011, dans la décision d'annuler ces projets, avant les élections dans le cas d'Oakville et en pleine campagne, à Mississauga. De plus, le PC accuse les libéraux d'avoir tenté de cacher des documents.

Crise en éducation

Par ailleurs, alors que Mme Wynne promet de rencontrer à nouveau les leaders des syndicats des enseignants pour discuter de leur grève du zèle, des élèves de Windsor ont déjà choisi d'aller étudier aux États-Unis, faute d'activités parascolaires.

Les fédérations des enseignants de l'élémentaire et du secondaire des écoles publiques anglaises ont donné pour consigne à leurs membres de boycotter toute activité en dehors des heures de classe. Les syndicats veulent ainsi protester contre l'imposition par la province de contrats de travail, plus tôt ce mois-ci.

De son côté, l'élève de Windsor et basketteur Marko Kovac a décidé d'imiter son camarade Tyler Storie et d'aller étudier dans une école de l'Iowa, pour accroître ses chances de faire carrière dans ce sport.

Ses entraîneurs l'ont encouragé à faire le saut, parce que très peu d'écoles secondaires de la région jouent dans la ligue locale de basketball cette année, à la suite du boycottage des activités parascolaires par les enseignants.

« Mon coach m'a souligné que je jouerais chaque soir devant 50 entraîneurs de Division 1, plutôt que deux ou trois (à Windsor). » — Marko Kovac, élève de Windsor

Pour sa part, Kathleen Wynne dit avoir eu une rencontre positive mardi soir avec les dirigeants des différents syndicats d'enseignants. Même son de cloche de la part du leader syndical Ken Coran de la Fédération des enseignants des écoles secondaires, qui a écrit dans un communiqué que la rencontre de 80 minutes avait été « positive ».

Les parties se sont engagées à garder leurs discussions confidentielles.

Mme Wynne a tout de même confirmé que la reprise des activités parascolaires avait fait partie des sujets de discussion.

Elle a par ailleurs affirmé que tous les employés du secteur public devraient se serrer la ceinture pour éliminer le déficit provincial de près de 12 milliards de dollars. Toutefois, elle a exclu le recours à une loi spéciale pour imposer un gel salarial, comme pour les enseignants.

De leur côté, les écoles françaises et les établissements catholiques anglais ne sont pas touchés par des moyens de pression, leurs enseignants ayant déjà ratifié de nouvelles conventions collectives, qui incluent un gel de salaire.

Les syndicats des enseignants ont été de puissants alliés des libéraux depuis leur élection en 2003. Toutefois, les relations ont tourné au vinaigre au cours des derniers mois, de l'aveu même du premier ministre démissionnaire, Dalton McGuinty.

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