Des erreurs médicales qui tuent des enfants

Petit garçon à l'hôpital Garçon à l'hôpital (archives)  Photo :  iStockphoto

Un sondage anonyme mené par l'Université Queen's de Kingston dans trois hôpitaux pour enfants au pays fait état de plus de 370 erreurs médicales en trois mois. Dans quatre cas, le jeune patient en est mort.

La Dre Kim Sears du département de nursing de l'Université Queen's et ses collègues en sont arrivés à ce constat « alarmant », en soumettant un questionnaire sur les erreurs de médication à des infirmières dans les trois hôpitaux. Les noms des établissements sondés ne sont pas révélés dans l'étude.

Les erreurs les plus fréquentes : administration d'un médicament au mauvais moment, dosage inapproprié ou médicament inapproprié.

La Dre Sears attribue la plupart de ces erreurs à la charge de travail élevée, à des distractions ou à un manque de communication. La mjorité des erreurs rapportées se sont produites le jour.

Résultats de l'étude :

  • 372 erreurs de médication identifiées
  • 4 morts
  • 51 erreurs « potentiellement mortelles »
  • 20 erreurs « sérieuses »
  • 112 erreurs « significatives »
  • 185 erreurs « minimales »

La Dre Sears souligne que les erreurs médicales sont répandues également aux États-Unis, malgré de nombreuses études et recommandations pour s'attaquer au problème.

Dr Régis Blais, qui est directeur du département d'administration de la santé à l'Université de Montréal, n'est pas surpris des résultats de l'étude de l'Université Queen's, qui reflètent ceux de d'autres rapports sur les erreurs médicales dans les hôpitaux en général.

Selon lui, il s'agit d'erreurs de bonne foi de la part des infirmières.

Pour sa part, la Dre Sears n'a pas plus de renseignements sur les quatre enfants morts à cause d'erreurs. Citant le caractère anonyme de son étude, elle a même refusé d'identifier les provinces où les hôpitaux sondés étaient situés.

Recommandations

Pour éliminer les erreurs, la professeure Sears pense qu'il faudrait améliorer l'environnement de travail et l'échange d'informations dans les hôpitaux, en plus de bonifier la formation des infirmières.

« Certaines des infirmières qui travaillent dans des hôpitaux pour enfants, raconte-t-elle, n'ont reçu que très peu ou pas du tout de formation en pédiatrie durant leurs études. »

Le Dr Régis Blais ajoute que les hôpitaux doivent s'assurer que les infirmières qui préparent les médicaments ne soient pas dérangées, « quitte à avoir des paneaux ne pas déranger. » Le fait d'avoir des dossiers médicaux électroniques permettrait également de réduire le risque d'erreurs, selon lui.