Le traitement d'Ashley Smith non conforme selon Service correctionnel

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Ashley Smith Ashley Smith

Le commissaire du Service correctionnel du Canada, Don Head, a admis dans un mémo interne que le traitement d'Ashley Smith n'était pas conforme aux normes en insistant sur le fait que ce phénomène n'était pas généralisé au sein du système correctionnel.

« Je comprends que la couverture médiatique négative, surtout sur les vidéos d'Ashley Smith en détention sont troublantes pour les Canadiens, la famille d'Ashley Smith, et beaucoup d'entre vous », écrit Don Head dans un mémo daté du 8 novembre.

« Ces images ne montrent pas le genre de système correctionnel auquel les Canadiens peuvent s'attendre. Elles ne sont pas non plus représentatives du travail qui se fait tous les jours dans nos établissements », ajoute-t-il.

L'enquête du coroner dans la mort d'Ashley Smith commencera lundi. Cinq ans après que la jeune femme de 19 ans, fragile psychologiquement, se soit étouffée dans sa cellule à la prison Grand Valley de Kitchener.

Vidéos « troublantes »

Les vidéos en question ont été rendues publiques le 31 octobre 2012 après une bataille juridique féroce pendant laquelle les services correctionnels ont tenté en vain de les garder secrètes.

Les images ont suscité l'indignation du public sur la façon dont la Néo-Brunswickoise a été traitée. Le premier ministre Stephen Harper avait même réprimandé les autorités carcérales.

Une première ébauche du mémo, obtenu par les néo-démocrates fédéraux en vertu de la loi sur l'accès à l'information, montre que Don Head voulait nier ce que les médias disaient en affirmant que Service correctionnel Canada « tentait de cacher la vérité ».

Au lieu de cela, il dit que les autorités carcérales voulaient que les vidéos « troublantes » soient diffusées pendant l'enquête pour en préserver l'intégrité.

« Comme nous le savons tous, les vidéos ne montrent les efforts innombrables faits par le personnel pour intervenir efficacement et réagir aux incidents d'automutilations », est-il écrit dans le brouillon du mémo. Des mots qui ont été supprimés de la version finale.

D'autres documents ont aussi mis à jour la détermination du gouvernement à contrôler le flux d'information. Le fédéral a notamment donné des instructions strictes aux porte-parole afin qu'ils s'en tiennent aux messages approuvés.

Mesures disciplinaires

Les documents parlent aussi du fait que des mesures disciplinaires non spécifiées ont été prises en lien avec le traitement d'Ashley Smith « pour tenir responsable les individus impliqués ».

Les communications approuvées montrent aussi clairement que Service correctionnel, ainsi que des défenseurs des détenus et des syndicats de gardiens de prison, croient que les personnes atteintes de maladie mentale doivent être admises dans les établissements de soins plutôt que dans les prisons.

Le coroner, Dr John Carlisle, a d'ailleurs affirmé que c'est l'une des pistes qu'il souhaite voir abordée pendant l'enquête qui doit durer six mois. Celle-ci sera diffusée en direct sur le site Internet du ministère provincial de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario.

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