Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, fait le point sur le conflit de travail entre la province et les enseignants vendredi matin.
Le premier ministre Dalton McGuinty espère que le calme reviendra dans les écoles publiques anglaises, après que des milliers d'enseignants du secondaire, qui devaient débrayer mercredi prochain, ont annulé à leur tour leur journée de protestation.
La Commission provinciale des relations de travail avait statué dans la nuit de jeudi à vendredi qu'une journée de protestation similaire prévue pour vendredi par des enseignants anglophones du primaire serait en fait une grève illégale.
À la suite de ce verdict, la Fédération des enseignants de l'élémentaire avait, tôt vendredi matin, abandonné sa journée de protestation , ce qui a créé beaucoup de confusion vendredi matin pour les conseils scolaires et les parents.
Nombre de conseils scolaires qui avaient annoncé jeudi que leurs écoles primaires seraient fermées aujourd'hui ont fait volte-face ce matin, alors que d'autres n'ont pas encore réagi ou ont décidé de garder leurs établissements fermés.
Par exemple, le Conseil scolaire public anglais de Toronto, la plus grosse commission scolaire au pays, a d'abord annoncé, tôt ce matin, que ses écoles primaires seraient fermées. Il a changé son fusil d'épaule 10 minutes plus tard. Nombre de salles de classe du Conseil étaient à moitié vides vendredi matin.
À Windsor, la décision du conseil scolaire local de garder ses écoles fermées a frustré certains parents. « J'ai des tonnes de choses à faire, mais je ne peux pas m'en occuper, parce que mes deux enfants sont à la maison avec moi », a raconté le père de famille Ralph Logan.
Le premier ministre McGuinty est « déçu » que les parents aient dû composer avec cette confusion. Vendredi, il a pressé à nouveau les syndicats d'enseignants de mettre fin à leurs moyens de pression, y compris le boycottage des activités parascolaires dans les écoles secondaires.
Si les enseignants avaient débrayé en dépit du verdict de la Commission des relations de travail, ils se seraient exposés à des amendes de 2000 $ par personne, 25 000 $ pour leurs leaders syndicaux.
Après avoir affirmé, plus tôt cette semaine, que son syndicat « ferait face aux amendes s'il y a en avait », le président de la Fédération des enseignants de l'élémentaire, Sam Hammond, a mentionné, tôt vendredi matin, qu'il respectait la décision de la Commission et demandait à ses membres de donner leurs cours.
M. Hammond n'a pas précisé si ses membres emploieraient d'autres moyens de pression.
Les enseignants anglophones du primaire avaient planifié ces arrêts de travail pour protester contre les nouvelles conventions collectives qui leur ont été imposées la semaine dernière par le gouvernement libéral en vertu de la loi spéciale 115.
De son côté, la ministre de l'Éducation, Laurel Broten, s'est réjoui du verdict de la Commission des relations de travail. Selon elle, la décision confirme que les enseignants ont un nouveau contrat de travail en bonne et due forme. Elle espère que les enseignants anglophones du secondaire mettront fin maintenant à leur boycottage des activités parascolaires.
Par ailleurs, la ministre souligne qu'il est du ressort des conseils scolaires de décider si leurs écoles seront ouvertes ou fermées vendredi. Ceux qui gardent leurs écoles fermées ne seront pas sanctionnées par la province.
Loi contestée
La Fédération des enseignants à l'élémentaire de l'Ontario soutient que le gouvernement a fait un mauvais usage de son pouvoir en ayant recours à la loi spéciale 115, qu'il qualifie de sans précédent et d'autocratique.
Les syndicats contestent la constitutionnalité de la loi 115 devant les tribunaux.
Le décret provincial de nouvelles conventions collectives prévoit un gel des salaires et la perte d'avantages sociaux pour la majorité des syndiqués.
La Commission des relations de travail a statué que les grèves dans le secteur de l'éducation seraient illégales jusqu'à l'expiration des nouvelles conventions collectives, le 31 août 2014.