Grèves des enseignants : Dalton McGuinty « regrette »

Dalton McGuinty : bilan de l'année

Exclusif - Alors que des dizaines d'enseignants du primaire de quatre conseils scolaires publics anglais de la province débraient jeudi, le premier ministre démissionnaire, Dalton McGuinty, admet dans une entrevue exclusive accordée à Radio-Canada qu'il a une part de responsabilité dans le conflit qui oppose les professeurs à son gouvernement.

En grève jeudi (écoles primaires) :

  • Conseil scolaire Upper Canada
  • Conseil scolaire Thames Valley
  • Conseil scolaire Superior Greenstone
  • Conseil scolaire Limestone

La Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) a convoqué la presse, vendredi, pour faire le point sur ses grèves tournantes d'un jour qui durent depuis deux semaines.

La Fédération menace d'organiser un débrayage panprovincial d'une journée en janvier si la province impose à ses membres, le 31 décembre, un contrat de travail incluant un gel de salaire, une réduction des congés de maladie et des jours de perfectionnement non payés, comme le prévoit la loi spéciale 115.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, répète qu'un tel débrayage en janvier serait illégal. Elle avertit les enseignants qu'elle se servira de la loi 115 pour tuer dans l'oeuf toute grève. Des syndicats contestent la constitutionnalité de la loi devant les tribunaux.

De son côté, le premier ministre McGuinty, élu en 2003 en promettant de ramener la bonne entente dans les écoles après des années de manifestations et de grèves sous les conservateurs, « regrette » que les relations entre les enseignants et son gouvernement aient pris une tournure négative. Il admet qu'il aurait pu s'y prendre autrement.

« Nous avons perdu la bonne volonté (des enseignants). » — Dalton McGuinty, premier ministre

Déficit

Les libéraux maintiennent, toutefois, que le déficit provincial de 14,4 milliards de dollars les force à limiter les dépenses, d'où la nécessité d'un gel du salaire des enseignants.

La ministre de l'Éducation ajoute que les enseignants des écoles catholiques et françaises ont déjà ratifié, eux, de nouvelles conventions collectives avec la province, acceptant un gel salarial et d'autres concessions.

Quant à M. McGuinty, qui quittera ses fonctions à la fin de janvier après le choix de son successeur, il ne regrette pas l'annulation de deux projets de centrales électriques au gaz naturel à Mississauga et à Oakville, malgré la pénalité à payer d'au moins 230 millions de dollars.

Il défend par ailleurs sa décision controversée de proroger les travaux de l'Assemblée législative. Selon lui, l'économie sera la priorité des électeurs lorsqu'ils seront appelés aux urnes par le prochain chef libéral, vraisemblablement dès l'an prochain.

Sondage négatif

Près de la moitié des Ontariens appuient les enseignants plutôt que le gouvernement libéral dans leur dispute contractuelle, selon un sondage de la firme Forum Research.

Forum Research a sondé 990 Ontariens à cet effet lundi dernier. La marge d'erreur du sondage est de 3 %, 19 fois sur 20.