Elliot Lake : enquête publique retardée

Les débris du centre commercial font toujours partie du paysage du centre-ville d'Elliot Lake Les débris du centre commercial font toujours partie du paysage du centre-ville d'Elliot Lake  Photo :  Radio-Canada/Yvon Thériault

Les audiences de la commission d'enquête sur l'effondrement mortel du centre commercial Algo à Elliot Lake ne commenceront pas avant le mois de mars, selon une avocate de la Commission.

Deux femmes sont mortes et une dizaine de personnes ont été blessées en juin dernier, lorsqu'une partie du toit du centre commercial s'est effondrée.

L'enquête publique sur la tragédie devait débuter en janvier, mais différents facteurs forcent le report des audiences.

Le gouvernement McGuinty tarde à remettre tous les documents demandés par le commissaire Paul Bélanger et ses procureurs, selon Me Nadia Effendi de la Commission. Par ailleurs, la salle où les audiences doivent se dérouler au futur Centre de développement, qui ne sera pas prêt avant la mi-février.

Ces délais ne devraient pas entraîner de coûts supplémentaires pour la Commission.

Confidentialité

Par ailleurs, le commissaire Bélanger a pris en délibéré sa décision quant à la requête des propriétaires de l'établissement et d'une association d'ingénieurs de garder certains documents secrets.

Les propriétaires du Centre Algo, Robert et Levon Nazarian, ont soutenu lors d'une audience à Otttawa lundi que certains des documents qu'ils avaient déposés contenaient des renseignements sensibles sur leur entreprise, inutiles à l'enquête publique.

Ces documents devaient servir à prouver au commissaire Paul Bélanger qu'ils avaient besoin de financement public pour régler la note de la participation de leurs avocats aux audiences. Le juge, toutefois, a conclu que les renseignements étaient insuffisants pour accorder un soutien financier et a réclamé plus de détails.

De son côté, l'Association ontarienne des ingénieurs professionnels veut garder secrets des documents traitant de plaintes à l'endroit de deux de ses membres, impliqués dans des travaux au centre Algo. La commission d'enquête n'a pas nommé les deux ingénieurs. Leur association, elle, dit être liée par des ententes de confidentialité.

Un avocat qui représente les médias, Peter Jacobsen, s'oppose, toutefois, à ces requêtes de confidentialité. « On ne peut pas avoir une enquête publique, dit-il, sans ces éléments de preuve. »

Même son de cloche de la part du député provincial d'Algoma-Manitoulin, Michael Mantha, qui estime qu'il ne faut pas miner la confiance du public dans la commission.

« C'est extrêmement important que toute l'information et tous les documents qui sont pertinents soient rendus publics. » — Michael Mantha, député du NPD

La Ville d'Elliot Lake, les familles des victimes et les commerçants du Centre Algo seront aussi représentés par des avocats à l'audience.