« Super mardi » : appel à la négociation

Des milliers d'enseignants du primaire font la grève mardi à Toronto. Des milliers d'enseignants du primaire font la grève mardi à Toronto.  Photo :  Stéphane Blais

Le premier ministre Dalton McGuinty a pressé à nouveau, mardi, les enseignants de retourner à la table des négociations, alors que près de 35 000 d'entre eux ont débrayé dans les régions de Toronto et de Windsor ainsi que dans le Nord de la province.

Il s'agissait du plus gros débrayage depuis le début, il y a un peu plus d'une semaine, des grèves tournantes d'un jour des enseignants des écoles primaires publiques anglaises de la province. Leur syndicat, la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO), a surnommé la journée « super mardi ».

Le débrayage touchait le plus gros conseil scolaire au pays, celui de Toronto, ainsi que sept autres conseils publics anglais, privant de cours près de 400 000 élèves.

L'objectif des enseignants était de dénoncer la loi 115. Cette loi spéciale prévoit, faute d'une entente négociée le 31 décembre, l'imposition d'un gel salarial de deux ans, une réduction des congés de maladie et des jours de perfectionnement non payés. Par ailleurs, la loi donne à la province le pouvoir de tuer dans l'oeuf toute grève.

Où faire garder William et Catherine?

La grève des enseignants, mardi, a été tout un casse-tête pour de nombreux parents torontois, qui n'avaient personne pour veiller sur leurs enfants. Certains les ont même amenés avec eux au travail. Plusieurs musées et organismes offraient des camps de jour payants, alors que des églises ouvraient leurs portes gratuitement aux petits pour la journée.

Après avoir promis que l'année scolaire ne serait perturbée par aucun débrayage, la ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a décidé de permettre des grèves tournantes d'un jour. Elle menace de se servir de la loi spéciale, si les débrayages s'étendent sur plus d'une journée par conseil scolaire.

La ministre Broten répète que la province doit limiter ses dépenses, alors qu'elle fait face à un déficit de 14,4 milliards de dollars.

Mardi, les enseignants ont piqueté devant différentes écoles, mais aussi devant les bureaux du ministère de l'Éducation à Toronto et de différents candidats à la succession du premier ministre McGuinty. Nombre des candidats en lice dans la course à la direction du Parti libéral de l'Ontario ont critiqué la ligne dure adoptée par M. McGuinty à l'endroit des enseignants, lui qui s'était pourtant fait élire en 2003 en promettant de ramener la bonne entente dans les écoles.

En grève mardi :

Conseil scolaire public en anglais de Toronto :
  • 155 000 élèves touchés
  • 14 000 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais de la région de Peel :
  • 100 000 élèves touchés
  • 8700 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais de la région de Durham :
  • 42 000 élèves touchés
  • 3500 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais de la région de Waterloo :
  • 37 600 élèves touchés
  • 3500 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais Greater Essex :
  • 21 600 élèves touchés
  • 1800 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais Grand Erie :
  • 15 500 élèves touchés
  • 1400 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais de Lambton-Kent :
  • 13 200 élèves touchés
  • 1200 enseignants impliqués
Conseil scolaire public anglais Near North :
  • 5900 élèves touchés
  • 800 enseignants impliqués
* Source : Globe and Mail

Grève en janvier?

Des syndicats d'enseignants contestent la constitutionnalité de la loi 115 devant les tribunaux.

Entretemps, le président de la FEEO, Sam Hammond, demande à la province de ne pas imposer des concessions salariales aux enseignants le 31 décembre, contrairement à ce que prévoit la loi 115. Le leader syndical laisse entendre que ses membres pourraient poursuivre leurs grèves tournantes en janvier, si la ministre Broten se sert de la loi spéciale pour leur imposer une convention collective.

« Toutes les options sont sur la table. » — Sam Hammond, leader syndical de la FEEO

La ministre de l'Éducation répond que de telles grèves seraient illégales.

« C'est très décevant d'entendre Sam parler d'une telle grève. Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition. » — Laurel Broten, ministre de l'Éducation

De leur côté, les enseignants des écoles publiques anglaises du secondaire font la grève du zèle et boycottent notamment les activités parascolaires après les heures de classe. Les syndiqués votent également cette semaine sur la possibilité d'un débrayage panprovincial d'un jour à une date indéterminée en 2013.

Pour leur part, les écoles catholiques et françaises de la province ne sont pas touchés par ces moyens de pression, étant donné que leurs enseignants ont déjà ratifié une nouvelle convention collective avec la province.

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