Enseignants ontariens : projet de loi spéciale déposé et manifestation à venir

Les députés sont de retour en Chambre deux semaines plus tôt que prévu. Les députés sont de retour en Chambre deux semaines plus tôt que prévu (archives).  Photo :  Radio-Canada/Christian Grégoire

Les enseignants des écoles publiques anglaises de l'Ontario vont manifester mardi devant Queen's Park pour dénoncer le projet de loi spéciale déposé lundi après-midi par le gouvernement McGuinty.

Le projet de loi spéciale a pour objectif de geler le salaire des enseignants ontariens pour les deux prochaines années, mais aussi de les empêcher de faire la grève.

La ministre de l'Éducation, Laurel Broten, souhaite adopter le projet de loi avant la fin de la semaine, pour précéder la rentrée scolaire.

La ministre a accepté d'amender le projet de loi spéciale. Le gouvernement libéral minoritaire apporte ces changements afin de s'assurer le soutien du parti conservateur, essentiel à l'adoption du projet de loi.

Les libéraux affirment, toutefois, que leurs concessions sont accessoires. Des mesures relatives à l'embauche des enseignants ont été retirées. Par contre, la ministre Broten tient à ces mesures et il les mettra en place en présentant un arrêté au Conseil des ministres. Les conservateurs n'ont pas encore réagi à cette manoeuvre.

Le gouvernement libéral a rappelé les députés à l'Assemblée législative deux semaines plus tôt que prévu afin de s'assurer de l'adoption de cette loi spéciale avant la rentrée scolaire.

Laurel Broten explique qu'elle veut éviter que la rentrée, après la fête du Travail, ne soit perturbée par une grève des enseignants. Elle reproche aux syndicats des enseignants des écoles publiques anglaises, qui continuent à défier le gouvernement et son gel salarial, d'avoir quitté la table des négociations.

« Ce projet de loi est équitable et équilibré. » — Laurel Broten, ministre de l'Éducation
Lutte au déficit : Le gouvernement ontarien fait face à un déficit de 15 milliards de dollars. Il soutient qu'il est essentiel de limiter les salaires dans les secteurs publics et parapublics afin de sortir la province du rouge.
Laurel Broten, ministre de l'Éducation de l'Ontario Laurel Broten, ministre de l'Éducation de l'Ontario  Photo :  CBC

Pour leur part, les fédérations des enseignants anglophones du secteur public affirment que leurs membres n'ont aucune intention de débrayer à la rentrée.

Le syndicat des enseignants anglophones du secondaire a d'ailleurs remis à plus tard le vote de grève qu'il devait tenir, affirmant que les négociations avancent avec les conseils scolaires. Selon le président de ce syndicat, la loi spéciale n'est pas nécessaire.

Ces syndicats menacent de poursuivre le gouvernement devant les tribunaux, jusqu'en Cour suprême, si les libéraux vont de l'avant avec une loi spéciale.

Seuls les enseignants catholiques anglophones et ceux des écoles françaises ont conclu une entente de principe avec la province.

Conflit sur fond de partielles

Selon les syndicats récalcitrants, les libéraux tentent de créer une crise en éducation et de jouer les durs afin de courtiser les électeurs de droite en prévision des élections partielles du 6 septembre.

Ces scrutins sont cruciaux parce qu'ils pourraient permettre au premier ministre, Dalton McGuinty, de regagner une majorité à l'Assemblée législative.

Pour sa part, la chef néo-démocrate, Andrea Horwath, confirme que son parti s'opposera au projet de loi spéciale. Elle accuse le gouvernement d'avoir deux poids deux mesures en continuant à accorder des primes aux hauts fonctionnaires.

Les conservateurs, eux, ont promis de ne pas empêcher l'adoption de la loi spéciale, soit en votant pour, soit en s'abstenant. Le chef conservateur, Tim Hudak, qui réclame un gel salarial pour l'ensemble des secteurs publics et parapublics, dit qu'il ne veut pas laisser les enseignants « s'en tirer ».

La ligne dure adoptée par le premier ministre Dalton McGuinty à l'endroit des enseignants constitue un revirement majeur pour son gouvernement. Celui-ci avait fait de l'éducation et de la bonne entente dans les écoles une de ses grandes priorités depuis son élection en 2003. Les libéraux s'étaient alors fait élire en partie grâce à leur promesse de mettre fin aux grèves dans les écoles, après des années de tensions sous le gouvernement conservateur de Mike Harris.

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