Il aura fallu près d'un an à la petite ville de Goderich sur le bord du lac Huron pour se remettre de la tornade meurtrière qui l'a frappée le 21 août 2011.
La tornade a fait un mort, Normand Laberge, qui travaillait pour l'entreprise Sifto.
De nombreux édifices ont été détruits et la plupart des arbres de la ville ont été déracinés et brisés. En tout, les dégâts sont estimés à 100 millions de dollars.
Il s'agissait de la pire tornade qui avait frappé l'Ontario depuis 15 ans.
Drame économique
Beaucoup de résidents ont quitté la région parce qu'ils ne voulaient plus travailler à Goderich.
Pratiquement tout le centre-ville a été détruit et un grand nombre de magasins ont fermé.
Goderich est située au bord du lac Huron.
Photo : Google Maps
Beaucoup de gens ont perdu leur emploi même si certains établissements ont rouvert.
La mine de sel Sifto, le principal employeur de la ville, où travaillait M. Laberge, a fermé durant de nombreux mois avant de redémarrer son activité.
D'abord l'abattement
Comme plusieurs personnes, une enseignante, Claudine Ménard, a mis des mois avant d'accepter de revenir se promener au centre-ville.
Les résidents ne voulaient pas voir ce qui était arrivé à leur communauté qui se désignait comme étant la plus belle ville au pays.
Au lendemain de la tornade et même environ quatre mois plus tard, il y avait un certain abattement chez les résidents de Goderich.
Une renaissance
Un an après la catastrophe, les gens se remettent à parler d'avenir. Ils développent des projets de revitalisation du centre-ville.
Même si de nombreuses bâtisses portent encore les traces du passage de la tornade, la majorité des maisons sont reconstruites.
Des immeubles n'ont cependant toujours pas retrouvé leur toit. Il y a des terrains laissés vacants, des bâtiments rasés, des murs effondrés.
Une maison démolie par la tornade. (archives)
Photo : Félix Brian Corriveau
Et surtout, il n'y a plus beaucoup d'arbres alors que la ville était particulièrement reconnue pour ses grands arbres.
Optimisme
Claudine Ménard dit que le souvenir du drame hantera toujours les esprits, surtout celui des enfants. « Moindre grosse brise, grand vent, les plus petits ça revient », confie-t-elle.
Cela n'empêche pas les résidents d'envisager l'avenir avec optimisme selon Adrien Thériault. « Ils veulent faire que notre communauté soit bien meilleure encore ».
Symbole de cette volonté, plusieurs personnes participent à l'effort de reboisement.
Un résident retraité, John Hazlitt, 71 ans, a entrepris de reboiser le parc de 26 acres qui borde le cimetière.
Ces arbres, dit-il, sont comme les jeunes de la ville. Ils poussent parmi ceux qui ont été déracinés par la tornade.
Depuis des mois, cet ancien ingénieur en foresterie, plante des chênes, des érables et toute sorte d'essence d'arbres.
Mardi, une centaine de chênes donnés par la municipalité d'Oakville seront également plantés par des dizaines de bénévoles.
Avec le reportage de Félix Brian Corriveau.