Le directeur intérimaire de la CTT, Andy Byford
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L'homme propulsé soudainement au volant de la Commission des transports de Toronto, à la suite du renvoi de Gary Webster, a déjà lui-même fait face à la controverse.
Andy Byford, qui doit s'adresser aux médias jeudi, avait été embauché l'automne dernier par la CTT comme chef de l'exploitation.
Après seulement 3 mois à ce poste, celui qui était aussi directeur général adjoint de l'agence de transport en commun de la Ville Reine devient son dirigeant intérimaire.
Dans une lettre aux employés de la CTT, il salue les 37 années de service de M. Webster et affirme que l'agence « a un bel avenir devant elle. »
Des alliés du maire au sein de la Commission ont limogé mardi Gary Webster, qui occupait le poste depuis 2006, en raison de son refus d'adhérer à la vision de Rob Ford. Le maire veut que toute nouvelle ligne de transport en commun passe sous terre, pour ne pas gêner les automobiles.
En jeu : 8,4 milliards de dollars consentis par la province pour le développement du transport en commun à Toronto.
Salaire controversé
La CTT vante l'expérience internationale du successeur intérimaire de M. Webster. Andy Byford était, de 2009 à 2011, chef de l'exploitation de la société publique de trains régionaux RailCorp à Sydney, en Australie. Il s'agit de l'équivalent des trains de banlieue GO dans la région de Toronto.
M. Byford affirme sur Internet que RailCorp est le plus gros réseau ferroviaire en Australie. Il soutient que, sous son aile, « la ponctualité et la satisfaction de la clientèle ont atteint un niveau record. »
Toutefois, son salaire de l'époque de près de 450 000 dollars, selon le Daily Telegraph, a suscité la controverse.
Les nouveaux tramways qui circuleraient le long de l'avenue Eglinton.
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Par ailleurs, la ministre locale des Transports a ordonné au début du mois un examen du réseau, affirmant que malgré l'augmentation des tarifs, « le service ne s'était pas amélioré au même rythme. »
M. Byford était personnellement sur la sellette en avril 2011, lorsque plus de 100 000 usagers de Sydney se sont retrouvés coincés dans des stations ou même à bord de wagons durant plus d'une heure, en raison d'une défaillance informatique touchant 6 lignes de trains régionaux.
La société RailCorp avait également été éclaboussée par un scandale de corruption, avant l'arrivée de M. Byford.
Marionnette?
Le spécialiste torontois du transport en commun, Steve Munro, souligne que le maire Rob Ford a approuvé l'embauche de M. Byron l'automne dernier.
Il était le successeur pressenti de M. Webster, mais son ascension soudaine aux commandes de la CTT plonge l'organisation dans un vide de direction, selon M. Munro.
M. Munro ajoute que la CTT serait ridiculisée si elle produisait maintenant un rapport vantant les mérites du projet du maire Ford de prolonger la ligne de métro Sheppard, après avoir indiqué que le nombre d'usagers était carrément insuffisant.
Contrairement à M. Webster, M. Byford n'a pas une formation d'ingénieur. Il a fait des études universitaires en langues, en français et en allemand, à l'Université de Leicester en Grande-Bretagne. Il est bilingue.
Il a aussi travaillé comme gestionnaire du métro de Londres.
La CTT indique que son salaire ne dépasse pas 245 000 dollars.
Impasse
Le renvoi de M. Webster ne fait qu'exacerber les tensions qui existaient entre l'équipe du maire et une majorité de conseillers municipaux qui a répudié son plan de transport en commun plus tôt ce mois-ci.
Plusieurs observateurs, comme M. Munro, pensent que des conseillers se ligueront contre le maire et ses alliés lors de la prochaine réunion du conseil en mars, pour reprendre le contrôle de la CTT.
Le maire présentera alors sa proposition de réforme de la composition de la Commission pour y inclure des citoyens-experts.
Pour sa part, le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a déjà averti la Ville que la province et les Torontois « commençaient à s'impatienter. »