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FRANK GUNN
Les ambulanciers de Toronto retiennent leur souffle à trois jours du vote de ratification de la nouvelle convention des 6000 cols bleus. Ils soupçonnent le syndicat qui les représente d'avoir sacrifié leurs intérêts pour conclure l'entente de principe avec la Ville, qui a permis d'éviter un conflit de travail.
Emmanuel Monssen croit déceler des signes précurseurs d'une grande désillusion pour les ambulanciers de la métropole. D'abord, le mutisme du syndicat des cols bleus, qui ne laisse rien filtrer de l'entente de principe, contrairement au passé. Ensuite, le choix de consacrer un seul jour, en semaine, au vote de ratification.
« Je commence à 7 h le matin, ce qui me donne seulement une fenêtre de deux heures pour aller voter. Cependant, il y a de bonnes chances que je reçoive un appel en retard qui m'amène au-delà de 8 h ou 8 h 30, ce qui m'enlèvera toute chance de me rendre sur le site pour voter », déplore-t-il.
Tout semble être fait, selon lui, pour minimiser la participation des ambulanciers dont on anticipe le mécontentement.
Le président de leur association, Geoff MacBride admet qu'ils ne feraient pas le poids, même s'ils se présentaient tous. « Les ambulanciers ne représentent même pas 20 % des effectifs », précise-t-il.
Selon le professeur de relations industrielles à l'Université de Toronto, Rafael Gomez, les ambulanciers auraient sans doute été mieux servis s'ils avaient un syndicat distinct. « Peut-être que ce contrat est bon pour la totalité du syndicat, mais pas pour ce groupe », croit-il.
L'association est d'accord, mais dit avoir pour le moment, les mains liées par un syndicat dont il est difficile de sortir.
Le conseil municipal de Toronto se réunira mercredi pour débattre du nouveau contrat de travail. Les élus espèrent que les cols bleus l'auront ratifié.