L'économiste Don Drummond
L'ancien économiste en chef de la Banque TD, Don Drummond, dévoilera mercredi prochain son rapport tant attendu sur la réforme des services publics.
Les libéraux l'ont nommé à la tête d'une commission chargée d'aider le gouvernement à trouver des moyens d'éliminer le déficit provincial, qui se chiffre actuellement à 16 milliards de dollars.
M. Drummond doit formuler près de 400 recommandations. Son objectif : limiter l'augmentation annuelle des dépenses à 1 %.
L'ex-bureaucrate fédéral a déjà précisé que certaines des recommandations de la Commission de la réforme des services publics seraient « impopulaires. » Il a suggéré, par exemple, d'augmenter le prix de l'alcool.
Le Toronto Sun rapportait également vendredi que M. Drummond suggérerait au gouvernement d'abolir le programme de maternelle à temps plein.
Services en français
M. Drummond a aussi laissé entendre que la commission pourrait recommander d'amputer de 30 % le budget de certains ministères.
Le premier ministre Dalton McGuinty a confirmé que les services en français ne seraient pas à l'abri du couperet.
À l'heure actuelle, l'Office des affaires francophones jouit d'un budget de 5,5 millions, une augmentation de 10 % par rapport à 2008-2009.
Par ailleurs, le coût élevé du bilinguisme a fait la manchette récemment, après que l'Institut Fraser eut rapporté que l'Ontario était la province qui dépensait le plus au chapitre des services en français, soit plus de 620 millions par année (incluant l'éducation en français).
Répartition des dépenses de l'Ontario, selon le budget 2011
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Ministère des Finances de l'Ontario
Santé
Le premier ministre McGuinty a assuré qu'il protégerait le budget de la santé. Les libéraux visent, néanmoins, à limiter la croissance des dépenses dans ce domaine, qui accapare près de la moitié du budget provincial.
Le gouvernement projette de contenir la hausse annuelle du coût des soins à 3 %, comparativement à 7 % en moyenne au cours des 10 dernières années.
La ministre de la Santé, Deb Matthews, a déjà soulevé un tollé en proposant de limiter le nombre de césariennes. Son plan de réforme de la santé va entraînera des compressions de 3 milliards dans les hôpitaux et dans les soins, selon la Coalition ontarienne pour la santé.
Par ailleurs, nombre d'organismes et de syndicats ont critiqué le fait que la commission Drummond n'était pas formée d'élus et qu'il n'y avait pas eu de consultations publiques.
De son côté, le premier ministre McGuinty a assuré le mois dernier que la Commission ferait des recommandations, mais que son gouvernement aurait le dernier mot.
Le plan d'élimination du déficit, selon le dernier budget provincial
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Ministère des Finances de l'Ontario
Gouvernement minoritaire
Le budget provincial de mars prochain devrait refléter ces choix du gouvernement McGuinty en matière de lutte contre le déficit.
La tâche ne sera pas facile, toutefois.
Les libéraux, qui ont été réélus l'an dernier, mais à la tête d'un gouvernement minoritaire, devront convaincre au moins un des deux partis d'opposition de les appuyer, pour rester au pouvoir.
Un récent rapport du Conference Board, qui affirmait que l'Ontario ne pourrait pas sortir du rouge comme prévu en 2017-2018, a illustré les divergences d'opinions entre les partis libéral, néo-démocrate et conservateur.