Ralentissement de la croissance de la population en Ontario

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L'Ontario est la seule province où le taux d'accroissement démographique est plus faible entre 2006 et 2011, qu'au cours de la période de 2001 à 2006, selon les plus récentes données démographiques publiées mercredi par Statistique Canada.

Seuls les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ont vécu la même situation. Le taux de croissance de la province est le plus bas depuis le début des années 80.

La population de l'Ontario s'est accrue de 5,7 % entre 2006 et 2011, comparativement à une croissance de 6,6 % au cours de la période de recensement précédente. Selon Statistique Canada, des niveaux d'immigration inférieurs ainsi qu'une hausse du nombre de personnes ayant quitté la province pour d'autres régions du pays sont les facteurs ayant le plus contribué à ce léger ralentissement de la croissance.

Selon l'économiste de l'Université d'Ottawa, Gilles Grenier, c'est parce que l'Ontario a plus souffert de la récession que les autres provinces qu'elle a vu sa croissance démographique diminiuer. « Maintenant, ce sont d'autres provinces qui ont une plus forte croissance et qui attirent les immigrants », souligne-t-il.

De son côté, le ministre provincial Dwight Duncan, concède que l'Ontario n'a pas les ressources naturelles qu'ont d'autres provinces, comme la potasse, qui explique la popularité actuelle de la Saskatchewan.

Dans la plupart des régions métropolitaines de recensement (RMR) de l'Ontario, les taux de croissance étaient plus faibles entre 2006 et 2011 que durant la période quinquennale précédente. La population a diminué dans deux RMR, soit à Windsor (-1,3 %) et à Thunder Bay (-1,1 %).

Au cours des cinq dernières années, la population de la région métropolitaine de Windsor, c'est-à-dire la population à un rayon de , est passée de 323 342 habitants en 2006 à 319 246 en 2011. À Thunder Bay, la décroissance (de 122 907 à 121 596 habitants) fait en sorte que la ville a été dépassée en population par Saint John à Terre-Neuve depuis 2006, la classant ainsi au 32e rang des villes canadiennes les plus populeuses.

Les effets de la crise forestière se font sentir sur la population ?

Dans le Nord ontarien, les villes de Dryden, Hearst et les territoires non organisés autour de Thunder Bay sont les endroits où les plus faibles croissances démographiques depuis les cinq dernières années ont été recensées.

« Nous avons perdu tout près de 1000 personnes [à Hearst]. C'est au niveau de la coupe de bois dans les forêts, ce n'est plus ce que ça déjà été. On souhaite juste qu'un jour on va être capable de s'en sortir pour voir les gens revenir chez nous » — Roger Sigouin, maire de Hearst

Selon l'économiste Livio Di Matteo, de l'Université Lakehead à Thunder Bay, l'effet de la crise forestière s'est fait ressentir sur plusieurs de ces communautés mono-industrielles. « La crise a débuté en 2003 et s'est poursuivie au-delà de 2006 et même si elle diminuée, ses effets sur la population sont encore là », dit-il.

M. Di Matteo demeure toutefois optimiste, il croit que le Nord-Ouest pourrait rebondir d'ici quelques années, avec le développement de l'industrie minière, notamment le Cercle de feu. Il rappelle que les baisses de population ont des conséquences importantes sur les municipalités, qui disposent de moins de revenus.

De son côté, Statistique Canada ne peut pas donner les raisons exactes de la baisse de population dans le Nord-Ouest de l'Ontario. Toutefois, si la crise forestière est pointée du doigt dans la région, à Windsor, l'autre ville avec une baisse importante, les dernières années ont été marquées par un secteur de l'automobile en difficulté.

Le poids démographique penche maintenant en faveur de l'Ouest

Pour la première fois dans l'histoire du pays, la population vivant à l'ouest de l'Ontario (30,7 %) est supérieure à celle vivant à l'est (30,6 %) de la province ontarienne.

Au pays, la population a pratiquement doublé depuis 1961. Le taux de croissance de la population de 5,9 % observé entre 2006 et 2011 est supérieur au taux de 5,1 % recensé entre 2001 et 2006. Il s'agit en fait du taux le plus élevé parmi les pays du G8, et ce, pour une deuxième période quinquennale consécutive.

Régions métropolitaines de recensement en Ontario :
  • Toronto : de 5 113 149 (2006) à 5 583 064 (2011)
  • Ottawa-Gatineau : de 1 133 633 (2006) à 1 236 324 (2011)
  • Hamilton : de 719 153 (2006) à 721 053 92011)
  • Kitchener - Cambridge - Waterloo : de 451 235 (2006) à 477 169 (2011)
  • London : de 457 720 (2006) à 474 786 (2011)
  • St. Catharines - Niagara : de 390 317 (2006) à 392 184 (2011)
  • Oshawa : de 330 594 (2006) à 356 177 (2011)
  • Windsor : de 323 342 (2006) à 319 246 (2011)
  • Barrie : de 177 061 (2006) à 187 013 (2011)
  • Grand Sudbury : de 158 258 (2006) à 160 770 (2011)
  • Kingston : de 152 358 (2006) à 159 561 (2011)
  • Guelph : de 133 698 (2006) à 141 097 (2011)
  • Brantford : de 124 607 (2006) à 135 501 (2011)
  • Thunder Bay : de 122 907 (2006) à 121 596 (2011)
  • Peterborough : de 116 570 (2006) à 118 975 (2011)

Autres villes ontariennes :
  • Blind River : de 3780 (2006) à 3549 (2011)
  • Cochrane : de 5487 (2006) à 5340 (2011)
  • Dubreuilville : de 773 (2006) à 635 (2011)
  • Hearst : de 5 620 (2006) à 5 090 (2011)
  • Kapuskasing : de 8509 (2006) à 8196 (2011)
  • Moonbeam : de 1298 (2006) à 1101 (2011)
  • Nipissing Ouest : de 13 410 (2006) et 14 149 (2011)
  • North Bay : de 53 966 (2006) à 53 651 (2011)
  • Penetanguishene : de 9354 (2006) à 9111 (2011)
  • Rivière des Français : de 2659 (2006) à 2442 (2011)
  • Sault-Sainte-Marie : de 74 948 (2006) à 75 141 (2011)
  • Timmins : de 42 997 (2006) à 43 165 (2011)
  • Welland : de 50 331 (2006) à 50 631 (2011)

L'augmentation et le déclin le plus important de population pour une ville au Canada se retrouvent tous deux en Ontario. La ville de Milton a vu sa population croître de 56,5 % en cinq ans, alors que Brock a vu la sienne diminuer de 5,3 %.

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